Document de travail · v17 · le chiffrage sans recettes circulaires

Cesser de taxer l'emploi. Compenser tout le monde.

PACTE 2027 supprime l'intégralité des cotisations sociales, l'impôt sur le revenu, la CSG, la CRDS, l'impôt sur les sociétés et la taxe sur les salaires. La TVA passe à un taux unique de 25 %, corrigée par une compensation universelle permanente de 1 500 € par unité de consommation. L'impôt sur l'excédent passe à 46 % et le prélèvement sur le capital à 33 %. Cette version ne change pas d'architecture : elle retire du chiffrage les recettes circulaires que l'État se versait à lui-même, inscrit la répercussion salariale au scénario central, arrête la définition du capital net et traite les droits contributifs. Le solde passe de +14,4 à −12,9 Md€, et deux objectifs sur cinq sont atteints au lieu de trois. Le chiffrage est plus dur parce qu'il est plus vrai.

708Md€ à remplacer
1 500 €par unité de consommation et par an
−12,9Md€ de solde, assumé
2 / 5objectifs pleinement atteints
Bulletin de paie2 500 € bruts
Salaire brut2 500,00
Sécurité sociale — maladie−17,50
Vieillesse plafonnée−172,50
Vieillesse déplafonnée−10,00
Retraite complémentaire T1−93,75
Contribution d'équilibre−21,50
Prévoyance−12,25
CSG déductible−160,86
CSG/CRDS non déductible−77,39
Prélèvement à la source−60,79
Contribution généralisée−375,00
Compensation universelle+125,00
Net perçu1 873,46
10 lignes de prélèvement74,9 % du brut perçu

Célibataire sans enfant, une part fiscale. La compensation universelle n'est pas versée par l'employeur : elle est mentionnée ici pour rendre le total comparable. Barème 10 / 25 / 44 / 56, inchangé depuis la version 11. La contribution généralisée et la compensation ne changent pas en v17 : cette colonne est celle de la v15.

01 — Le diagnostic

Une assiette qui se contracte, une dépense qui croît.

La protection sociale française est financée par des prélèvements assis sur les salaires. Le système a été conçu quand la quasi-totalité de la valeur produite passait par une fiche de paie.

L'automatisation et l'intelligence artificielle rompent ce lien. Une production qui se passe de main-d'œuvre crée autant de valeur, en vend autant, et ne cotise plus. Le système comporte de surcroît un biais : le capital est amortissable et déductible, le travail est chargé.

Ce diagnostic reste prospectif. La part des salaires dans la valeur ajoutée est stable jusqu'ici ; le pari porte sur la trajectoire des quinze prochaines années.

Trois conséquences

Sur l'emploi. Le coût du travail intègre 243 Md€ de prélèvements patronaux privés, dus avant même que l'activité soit rentable.

Sur la progression salariale. Augmenter un salarié entre 1,0 et 1,2 SMIC coûte 1,93 € à l'employeur pour 1 € versé.

Sur l'extérieur. Les cotisations pèsent sur la production française, exportations comprises, tandis que les produits importés en sont exempts.

Pourquoi l'assiette retenue est la bonne réponse au diagnostic

Ce point n'avait jamais été écrit et il est le meilleur argument du projet. L'assiette de l'impôt sur l'excédent, valeur ajoutée moins salaires, est le complément exact de l'assiette salariale. Si le pari sur l'automatisation se réalise, la part des salaires recule et l'assiette nouvelle grossit précisément de ce que l'ancienne perd. Le financement est robuste au scénario qu'il redoute, ce qui est rare.

Le corollaire est qu'il ne faut pas faire reposer la démonstration sur le pari. L'argument de distorsion — 1,93 € de coût employeur pour 1 € versé entre 1,0 et 1,2 SMIC — se suffit à lui-même et ne demande à personne de croire à une trajectoire à quinze ans.

Le problème que cette version résout, et qui bloquait le projet depuis la v9

Toutes les versions antérieures compensaient les perdants de la réforme par un différentiel individuel versé aux titulaires de revenus de remplacement, calculé l'année du basculement et éteint sur dix ans. Ce mécanisme portait quatre défauts que douze versions n'ont pas su corriger.

Il fallait faire tourner l'ancien barème et le nouveau en parallèle pour 21 millions de personnes, puis figer un montant individuel dix ans, ce qui est un contentieux de masse et interdisait d'atteindre l'objectif de lisibilité. Il créait un effet de cohorte brutal : deux retraités de même pension, séparés de douze mois de départ, n'avaient pas le même revenu net pendant une décennie. Il faisait double emploi avec l'indexation légale des pensions, erreur de 17 Md€ découverte en version 11. Et surtout, il s'éteignait : le régime permanent de la réforme était systématiquement moins favorable que son année 1, ce qui revenait à opérer un transfert des inactifs vers les actifs sans jamais le soumettre au vote.

Une compensation universelle, forfaitaire par catégorie de foyer et permanente, supprime les quatre d'un coup. L'année 1 est le régime permanent. Il n'y a plus de tableau à trois onglets.

02 — Les objectifs

Deux objectifs sur cinq sont atteints.

La version 15 en revendiquait trois. La v17 en affiche deux, sans avoir rien perdu : les critères ont été durcis. Les recettes circulaires sont sorties du chiffrage, l'équité horizontale est prise au sérieux, et le coût du relèvement du taux sur l'excédent est porté là où il tombe. Une note plus basse sur un chiffrage plus solide.

OBJECTIF 01

Cesser de pénaliser l'emploiAtteint

Aucun prélèvement assis sur la masse salariale, sans exception. La taxe sur les salaires, maintenue par la v15 sous le nom d'ajustement, est supprimée.

Test — passé, et sans réserve pour la première fois

Le coût employeur devient égal au salaire brut : il baisse de 6,9 % au SMIC, 25,8 % à 1,6 SMIC, 31,0 % à 4 SMIC. Le coût marginal d'une hausse de rémunération vaut 0,540 € à tous les niveaux, contre 0,584 € en v15 et 1,93 € à 1,45 € aujourd'hui. Voir section 08.

La fourchette d'emplois est révisée à 350 000 à 525 000, contre 400 000 à 800 000 en v15, parce que la répercussion salariale de 30 % est désormais au scénario central et non en sensibilité. Les euros qui ne créent pas d'emploi passent en salaires : ce n'est pas une perte, c'est un autre usage. Voir section 09.

OBJECTIF 02

Rendre le système lisibleAtteint

Chacun doit pouvoir dire ce qu'il paie et pourquoi.

Test — passé

Une ligne sur la fiche de paie, un seul taux de TVA, un forfait déterminé par l'état civil. Le système entier tient en quatre taux : 25 / 46 / 33 et un barème 10 / 25 / 44 / 56.

Les trois trous de la v15 sont bouchés. Le capital net reçoit une définition opposable par renvoi à la liasse fiscale. Le revenu fiscal de référence est redéfini, donc les APL, la CSS, les bourses et les tarifs de crèche continuent de fonctionner. L'unité de consommation s'adosse aux règles de composition du foyer déjà appliquées par la CAF. Voir sections 03, 04 et 06.

OBJECTIF 03

Ne dégrader la situation d'aucun décileConditionnel

Neutre ou favorable pour chaque dixième de la distribution, hausse des prix comprise, en permanence.

Test — passé par décile, échoué en équité horizontale

Tous les déciles gagnent, de +2,7 % au troisième à +7,4 % au neuvième, et le premier décile reste à +6,5 %. Voir section 12.

Mais le tableau par décile cache un perdant identifié, et il faut le dire ici plutôt qu'en note de bas de page. Un salarié voit disparaître 22,6 points de prélèvement, un retraité seulement 9,1. À niveau de vie identique, les retraités de la moitié supérieure restent perdants de 1,0 à 1,6 % après correctif, contre 2,4 à 4,4 % sans lui. Le badge ne peut pas passer au vert avant une microsimulation du type INES ou TAXIPP. Voir section 04.

OBJECTIF 04

Ne pas dégrader les finances publiquesÉchec assumé

Les prélèvements supprimés doivent être intégralement remplacés.

Test — échoué de 12,9 Md€, soit 0,44 point de PIB

La v15 affichait +14,39 Md€. Trois retraits expliquent l'essentiel du chemin parcouru et aucun n'est un choix : 15 Md€ de TVA non déductible des administrations, que l'État se versait à lui-même ; 3 Md€ de TVA sur les médicaments remboursés, à la charge de l'assurance maladie ; et 5,8 Md€ de franchise en base, le rendement de 12,60 Md€ étant hors d'échelle au regard des 400 M€ chiffrés pour l'abaissement du seuil à 25 000 €, mesure abandonnée par la loi du 3 novembre 2025.

Le reste est assumé : suppression de la taxe sur les salaires, indexation du taux notionnel, suramortissement, répercussion salariale et correctif retraités. Un déficit documenté ligne à ligne vaut mieux qu'un excédent construit. Voir section 11.

OBJECTIF 05

Ne pas dégrader l'arbitrage entre production nationale et importationDégradé

Objectif ajouté en v12. C'est le seul point où la v17 recule par rapport à la v15.

Test — échoué pour la production capitalistique

Pour une production intensive en main-d'œuvre, le coin fiscal tombe de 36,4 % à 10,4 %. Pour une production intensive en capital, il monte de 20,0 % à 27,4 %, contre 25,9 % en v15. L'amortissement reste dans l'assiette et le suramortissement de 10 % ne compense pas 4,4 points de taux.

Il faut l'écrire sans atténuation : sur ce critère, la réforme est plus défavorable que le système en vigueur. Dassault Aviation, l'entreprise que le diagnostic désigne explicitement comme celle qu'il faut soulager, ne gagne plus que 8 %. Le correctif praticable est un suramortissement porté à 25 %, qui ramène le coin à 25,5 % pour 12 Md€. Voir sections 10 et 13.

03 — L'architecture

Six instruments, et plus aucun paramètre laissé ouvert.

L'architecture ne change pas. Trois taux sont relevés, un instrument disparaît, un instrument technique apparaît, et les deux définitions que la v15 laissait en suspens sont arrêtées.

25 %

TVA à taux unique

Taux normal ramené de 20 à 25 %, taux réduit de 5,5 %, intermédiaire de 10 % et super-réduit de 2,1 % supprimés. Exonérations structurelles maintenues : loyers, santé, éducation, assurances, services financiers. Rendement 125,18 Md€, plus 6,00 Md€ de suppression de la franchise en base.

1 500 €

Compensation universelle

Versée à tout foyer, 1 500 € par unité de consommation et par an. Permanente, non imposable, sans condition de ressources. Indexée de plein droit sur 22 % du produit net de la TVA, au même niveau de norme que le taux lui-même. Coût 75,60 Md€.

18,5 %

Contribution généralisée

Remplace l'impôt sur le revenu, la CSG et la CRDS. Barème 10 / 25 / 44 / 56, inchangé depuis la version 11, sans niche ni exonération. Quotient conjugal maintenu et plafonné à 7 900 €. Assiette 1 684 Md€, rendement net 311,36 Md€.

46 %

Impôt sur l'excédent

Remplace les cotisations patronales, l'impôt sur les sociétés et la taxe sur les salaires. Assiette : valeur ajoutée moins salaires bruts, moins 3,8 % du capital net engagé, avec suramortissement de 10 % sur les équipements productifs neufs. Plancher à 10 % de l'excédent brut, forfait à 42 % sous 10 M€ de chiffre d'affaires. Assiette 758,67 Md€, rendement 348,99 Md€.

33 %

Prélèvement sur le capital

Taux unique sur dividendes, intérêts et plus-values, contre l'empilement actuel à 30,2 %. Le revenu net du capital recule de 4,0 %. Assiette 184,81 Md€, rendement 60,99 Md€ avant provision de réalisation.

15 %

Impôt de constatation

Nouveau, et de rendement nul par construction. Un impôt sur les sociétés à 15 % limité aux groupes de plus de 750 M€ de chiffre d'affaires consolidé, intégralement imputable sur l'impôt sur l'excédent. Environ un millier d'entités. Les deux millions d'autres entreprises ne le voient jamais.

Le capital net a désormais une définition, et elle est opposable

La v15 désignait ce paramètre comme le plus dangereux du projet, avec 131 M€ d'écart sur Dassault Aviation selon la nomenclature retenue. La réponse n'est pas d'inventer une définition mais d'en emprunter une éprouvée : le dénominateur du capital employé, celui du ROCE.

Immobilisations corporelles et incorporelles nettes hors écarts d'acquisition, plus stocks, plus créances clients, moins dettes fournisseurs, moins avances et acomptes reçus, par renvoi aux lignes des formulaires 2050 et 2051 de la liasse fiscale. Le goodwill est exclu, sans quoi une acquisition créerait de la déduction à partir de rien. Les participations dans d'autres entités françaises sont exclues, ce qui évite la cascade intragroupe qui a fait tomber les intérêts notionnels belges.

Le cas Dassault se résout par construction, les avances clients étant nettées. Son capital net passe de 1 500 à environ 430 M€, dans le sens défavorable à l'entreprise. C'est le prix d'une règle écrite. Voir section 10.

Le taux notionnel cesse d'être un paramètre politique

La v15 le fixait à 3,5 % par décision, en signalant que chaque point valait 10 Md€. Un paramètre discrétionnaire de cette sensibilité est une invitation au marchandage annuel. Il devient une règle : OAT 10 ans plus 0,5 point, soit environ 3,8 % aujourd'hui, constaté sur la moyenne de l'exercice précédent.

Cela ne règle pas la question de fond, qui est que l'amortissement et les charges financières restent dans l'assiette. Une entreprise endettée acquitte 46 % sur ce qu'elle doit à sa banque, et la déduction notionnelle ne compense qu'à hauteur du taux retenu. Voir sections 05 et 13.

04 — La compensation universelle

Un seul instrument, verrouillé, et un correctif nommé.

Le forfait ne change pas de montant. Trois choses changent autour de lui : il est adossé à une règle d'indexation qui résiste au rabotage, il s'appuie sur des règles de composition du foyer qui existent déjà, et il est complété par un correctif étroit pour la seule population qu'il ne couvre pas.

Échelle d'équivalence de l'INSEE : 1 unité pour le premier adulte, 0,5 par personne de plus de 14 ans, 0,3 par enfant de moins de 14 ans. Environ 50,4 millions d'unités de consommation, estimation volontairement haute.
Configuration du foyerUnitésPar anPar mois
Personne seule1,01 500 €125 €
Couple sans enfant1,52 250 €188 €
Couple + 1 enfant1,82 700 €225 €
Couple + 2 enfants2,13 150 €262 €
Couple + 3 enfants2,53 750 €312 €
Parent isolé + 1 enfant1,31 950 €162 €
Parent isolé + 2 enfants1,62 400 €200 €

Le verrou : le forfait devient une fraction de la TVA

La v15 identifiait le rabotage comme le risque politique central du dispositif, et n'avait rien à lui opposer. Une indexation par loi ordinaire ne protège de rien, puisqu'une loi ordinaire la défait.

Le forfait est donc exprimé non plus en euros mais en fraction du produit net de la TVA, soit environ 22 %, inscrite au même niveau de norme que le taux. Il s'indexe alors seul, sur les prix et sur l'assiette. Surtout, le raboter exige de baisser la TVA dans le même mouvement : le marché politique devient visible et indissociable, ce qui est exactement l'effet recherché.

Le correctif retraités, et pourquoi il est étroit

La cause tient en une phrase, et elle n'avait jamais été écrite : un salarié voit disparaître 22,6 points de prélèvement, un retraité seulement 9,1. La réforme favorise mécaniquement le revenu d'activité de 13,5 points, et le forfait ne couvre l'effet-prix que jusqu'à 22 500 € de consommation par unité.

La v15 neutralisait l'indexation légale des pensions en totalité, pour éviter la double compensation. Le correctif est de ne la neutraliser que sur la fraction de pension inférieure à 22 500 €, et de la laisser jouer au-delà. Chacun est compensé une fois et une seule : la règle de non-redondance écrite en version 11 est respectée à l'euro près.

Variation du pouvoir d'achat réel, personne seule, effet-prix de 6,67 % compris. Barème de l'impôt sur le revenu 2025 en référence.
Pension annuellev15v17
30 000 €−2,4 %−1,0 %
60 000 €−4,4 %−1,6 %
Coût du correctif5,50 Md€

Une indexation pleine coûterait 24,6 Md€ et effacerait le solde. Le correctif en coûte 5,5. Le résidu de 1,0 à 1,6 % vient de ce que le barème 10 / 25 / 44 / 56 est plus progressif que CSG + IR à ces niveaux : c'est désormais un choix explicite et non un accident de chiffrage.

Le SMIC, l'indexation que la v15 avait manquée

Le SMIC est revalorisé de plein droit sur l'indice des prix du premier quintile, soit ici 8,15 %. La v15 neutralisait l'indexation des pensions par disposition expresse et ne disait rien de celle-ci, qui tire pourtant tout le bas de la distribution salariale et sort mécaniquement de l'assiette de l'impôt sur l'excédent.

La clause de neutralisation est donc rédigée une fois pour toutes : pour la seule année du basculement, les revalorisations légales assises sur l'indice des prix sont réputées satisfaites par le versement de la compensation universelle, et reprennent en N+1 sur l'indice constaté hors effet de la réforme. Elle couvre les pensions dans la limite ci-dessus, les minima sociaux, les prestations familiales, les APL et le SMIC.

La communication se retourne si l'on change d'unité de mesure. Puisque la fiche de paie devient une ligne, le SMIC est défini en net pour l'année du basculement : il passe d'environ 17 330 € à 19 800 €, soit +14 % en pouvoir d'achat réel. Personne ne parlera de gel.

L'unité de consommation n'a pas besoin d'être inventée

La v15 signalait que l'échelle de l'INSEE est un outil statistique et non une catégorie juridique, et que la garde alternée, les familles recomposées, les colocations et les majeurs rattachés n'ont pas de traitement évident.

Ces règles existent déjà. La CAF et la MSA établissent la composition du foyer chaque mois pour treize millions d'allocataires, avec une jurisprudence stabilisée sur la garde alternée depuis le partage des allocations familiales de 2007. Le versement passe par la CAF sur cette base, la DGFiP servant de filet pour les foyers qu'elle ne connaît pas, essentiellement retraités et personnes seules sans enfant, dont la composition ressort de la déclaration.

Sur l'effet de seuil conjugal, le calcul joue en faveur du dispositif et mérite d'être publié : une séparation fait gagner 750 € de forfait, mais perdre jusqu'à 7 900 € de quotient conjugal. Le taux marginal implicite sur la vie de couple baisse.

La compensation forfaitaire domine la franchise, et ce débat reste fermé

Une franchise de 8 000 € sur la contribution généralisée coûterait 91,8 Md€ et ne bénéficierait qu'aux redevables, proportionnellement à leur taux marginal. Le forfait coûte 75,6 Md€ et atteint tous les foyers.

Un allocataire du RSA à 7 200 € acquitte 720 € de contribution généralisée et reçoit 1 500 € : il reste net gagnant de 780 €. C'est le résultat qui a coûté le plus cher à obtenir, et c'est celui qu'aucun paramètre ne doit reprendre. Une contribution généralisée proportionnelle de 20 %, testée puis écartée, le ramenait à 60 €. Voir section 14.

05 — La TVA à taux unique

Un seul taux à 25 %, et une recette plus faible qu'annoncée.

Le taux et l'effet-prix ne bougent pas d'un dixième depuis la v15. Ce qui change est le rendement : une part de la TVA nouvelle est acquittée par l'État à lui-même, et la v15 la comptait en recette. Deux points de plus, testés en v16, ont été écartés : ils rapportent 1,9 Md€ nets et coûtent 1,4 point d'effet-prix sur le premier décile.

Panier renormalisé hors loyers imputés, qui ne figurent pas dans l'indice des prix à la consommation servant à revaloriser les pensions.
PostePoidsTVA aujourd'huiDemainContribution
Loyers réels7,5 %exonéréexonéré0,00 %
Loyers imputés — hors champ IPC12,5 %sans objetsans objet0,00 %
Alimentation à domicile13,0 %5,5 %25 %2,40 %
Énergie, eau6,0 %15 % moyen25 %0,52 %
Santé4,0 %exonéréexonéré0,00 %
Éducation, assurances, services financiers6,5 %exonéréexonéré0,00 %
Restauration et hôtellerie6,5 %10 %25 %0,89 %
Transport individuel11,0 %20 %25 %0,46 %
Autres biens et services9,5 %20 %25 %0,40 %
Habillement, communications, alcool et tabac9,0 %20 %25 %0,38 %
Loisirs et culture7,5 %20 %25 %0,31 %
Transport collectif2,0 %10 %25 %0,27 %
Meubles et équipement5,0 %20 %25 %0,21 %
Effet TVA — base comptabilité nationale100 %5,83 %
= hausse des prix moyenne, base IPC87,5 %6,67 %

L'alimentation porte 41 % de l'effet à elle seule

Deux points quarante sur 5,83. C'est davantage que la restauration, le transport, les loisirs et l'équipement réunis, et c'est ce qui rend la hausse des prix différente selon le décile.

DécilePart alimentaire du budgetHausse des prix subiev16 à 27 %, écartée
Décile 120,0 %8,15 %9,67 %
Décile 515,6 %7,21 %8,65 %
Décile 1010,0 %6,04 %7,35 %
Moyenne, base IPC13,0 %6,67 %8,04 %

C'est le point le plus difficile à défendre du projet et il le reste. L'argument technique est solide : les taux réduits français représentent une quarantaine de milliards de dépense fiscale, et les ménages aisés en captent une part plus importante en valeur absolue. Un transfert forfaitaire cible infiniment mieux. C'est le raisonnement de la TVA néo-zélandaise, à taux unique de 15 % sans exemption. Mais il se plaide mal contre une hausse visible du prix du pain.

Pourquoi 27 % a été testé puis abandonné

Deux points supplémentaires rapportent 25,87 Md€ bruts. Ils portent l'effet-prix à 8,04 % et celui du premier décile à 9,67 %, ce qui oblige à porter le forfait à 1 767 € pour tenir le troisième décile, soit 13,46 Md€. Provision comportementale relevée, circularité et correctif retraités indexés consomment le reste.

Rendement net des deux points : 1,88 Md€. À taux unique, l'alimentation porte 41 % de l'effet-prix, l'alimentation est là où le premier décile dépense, et le forfait doit absorber presque tout l'incrément. Le levier TVA s'autoannule dans cette architecture. Quatre dixièmes de point d'impôt sur l'excédent achètent le même rendement sans toucher aux prix.

Deux recettes que la v15 comptait à tort

La TVA non déductible des administrations, environ 15 Md€. Les hôpitaux, les collectivités et l'État acquittent la TVA sur leurs achats sans la déduire. Cinq points de plus produisent une recette que le budget doit lui-même financer. La v15 la portait en sensibilité ; ce n'est pas une hypothèse alternative, c'est une écriture circulaire, et elle sort du chiffrage.

La TVA sur les médicaments remboursés, environ 3 Md€. Le passage de 2,1 % à 25 % est cohérent avec le taux unique, mais la dépense revient à l'assurance maladie. Même logique, même traitement.

La franchise en base, ramenée de 12,60 à 6,00 Md€. L'abaissement du seuil à 25 000 € était chiffré à environ 400 M€, a été qualifié de précipité et peu étayé par la commission des finances du Sénat, et a été abandonné par la loi du 3 novembre 2025. Une suppression intégrale rapporte davantage, mais un facteur trente entre les deux chiffrages ne se soutient pas.

Ce que le taux unique fait gagner par ailleurs

Une provision comportementale plus faible. Avec un taux unique, la substitution vers les taux réduits disparaît. Il ne reste que la fraude et les achats transfrontaliers. La provision est maintenue à 12 %.

Un contentieux entier disparaît, avec la frontière entre taux réduit et taux normal et la jurisprudence qu'elle alimente.

Le taux reste tenable. À 25 %, la France se situe au niveau du Danemark, de la Suède et de la Norvège. L'écart avec l'Allemagne est de 6 points ; à 27 % il passait à 8, et la France rejoignait la Hongrie.

06 — Le barème

La contribution généralisée est inchangée depuis la version 11.

Aucun ajustement n'a été nécessaire : la TVA à taux unique et la provision comportementale réduite dégagent assez pour financer la compensation universelle sans toucher au barème.

Tranche de revenu annuelTaux marginalEffet
Jusqu'à 20 000 €10 %Plancher universel
De 20 000 à 45 000 €25 %Cœur de la distribution salariale
De 45 000 à 100 000 €44 %Cadres et hauts revenus
Au-delà de 100 000 €56 %Dernier centile
Taux moyen après quotient conjugal18,49 %Assiette : 1 684 Md€

Le plancher de 10 % cesse d'être un problème

Il frappait des revenus aujourd'hui exonérés, et le cas de l'allocataire du RSA — 720 € prélevés sur 7 200 € — était le point le plus indéfendable de toutes les versions antérieures. Avec la compensation universelle, ce même allocataire reçoit 1 500 € : il est net gagnant de 780 €, soit 10,8 % de son revenu.

Le plancher universel retrouve donc son sens originel, qui est de principe et non de rendement : chacun contribue selon un barème unique, et l'aide passe par un transfert explicite plutôt que par une exonération opaque. C'est aussi la seule construction dans laquelle l'objectif de lisibilité et l'objectif distributif ne s'opposent pas.

Le revenu fiscal de référence est redéfini, pas supprimé

La v15 signalait que supprimer l'impôt sur le revenu supprimait le RFR, sur lequel sont adossés les APL, la complémentaire santé solidaire, les bourses et les tarifs de crèche. C'était un faux problème qu'il fallait tout de même écrire.

La contribution généralisée a des tranches et un quotient conjugal, donc elle suppose une déclaration. Le RFR est défini comme l'assiette de la contribution généralisée augmentée des revenus soumis au prélèvement de 33 %. Un article du code général des impôts, et l'ensemble des prestations sous condition de ressources continue de fonctionner sans modification.

Le quotient conjugal est maintenu, son avantage plafonné à 7 900 € par foyer, pour un coût de 23,52 Md€. Le crédit par enfant de 1 200 € disparaît, absorbé par la compensation universelle, qui verse 450 € par enfant de moins de 14 ans et 750 € au-delà — moins par enfant, mais versé à tous les foyers et cumulé avec la part des adultes.

07 — Le simulateur

Faites le calcul.

Le simulateur applique le barème réel de l'impôt sur le revenu, décote et plafonnement du quotient compris, et le compare au barème 10 / 25 / 44 / 56 de la contribution généralisée, compensation universelle et hausse des prix de 6,67 % incluses.

2 500 €
Aujourd'hui — net perçuaprès cotisations, CSG, CRDS et impôt
Après — net + compensation
2 250 €
contribution 15,0 % + 125 € de compensation
Hausse des prix
− 141 €
6,67 % : TVA à taux unique de 25 %
Pouvoir d'achat réel
+ 12,6 %
soit environ 236 € par mois

Hypothèses — aujourd'hui : cotisations salariales 13,1 % du brut, CSG-CRDS 9,53 %, impôt sur le revenu au barème 2025 avec abattement de 10 %, décote et plafonnement du quotient à 1 791 € par demi-part. Après : barème 10 / 25 / 44 / 56 avec quotient conjugal plafonné à 7 900 € pour les couples, et compensation universelle de 1 500 € par unité de consommation — 1 500 € pour un célibataire, 2 250 € pour un couple, 3 150 € pour un couple avec deux enfants. Hausse des prix de 6,67 % appliquée à la totalité du revenu perçu : hypothèse volontairement défavorable, puisqu'une partie du revenu est épargnée. Le foyer est supposé n'avoir qu'un seul revenu d'activité. Le simulateur est à répercussion salariale nulle : il ne tient pas compte de la remontée du salaire brut que la baisse du coût du travail provoque, et sous-estime donc le gain des salariés en poste. La contribution généralisée et la compensation étant inchangées en v17, ces résultats sont identiques à ceux de la v15.

Ce que change la configuration du foyer

Variation du pouvoir d'achat réel, hausse des prix de 6,67 % et compensation universelle comprises. Foyer à revenu unique.
Brut mensuelCélibataireCouple, revenu uniqueCouple + 2 enfants
1 800 €+16,1 %+21,7 %+26,7 %
2 500 €+12,6 %+18,1 %+21,8 %
4 000 €+11,4 %+12,9 %+14,0 %
6 000 €+6,5 %+10,6 %+8,4 %
8 000 €+3,8 %+5,3 %+1,6 %

Ces gains ne sont pas gratuits, et il faut dire d'où ils viennent

Les cas types gagnent deux fois plus qu'en version 13. La différence tient presque entièrement à la compensation universelle, qui ajoute de 1 500 à 3 150 € à des foyers que la v13 n'aidait pas du tout dès lors qu'ils n'avaient ni enfant ni revenu de remplacement.

Ce n'est donc pas une amélioration de l'efficacité du système : c'est un transfert supplémentaire de 21,5 Md€ par rapport aux 54,07 Md€ de la v13, financé par la TVA à taux unique. Les ménages reçoivent davantage parce qu'ils paient davantage de TVA, avec une redistribution nette en faveur du bas et du milieu de la distribution. Le simulateur montre le net ; la section 12 montre qui paie.

08 — Le coût du travail

Le coût employeur devient le salaire brut, sans exception.

La v15 conservait la taxe sur les salaires sous le nom d'ajustement, ce qui contredisait l'objectif 01. Elle est supprimée, pour 8,65 Md€. Les banques et les assurances, à fort excédent et faible masse salariale, paieront davantage par l'impôt sur l'excédent ; les hôpitaux et les associations, à excédent proche de zéro, cessent de payer, ce qui atténue d'autant le choc des 67 Md€. Il n'y a plus aucun prélèvement assis sur la masse salariale, donc plus rien à additionner au brut. La colonne « aujourd'hui » additionne les cotisations au taux plein de 41,59 % sous RGDU 2026 et les 3,30 % de prélèvements résiduels.

SMIC payé : 12,31 €/h, soit 22 404 € par an. SMIC de référence RGDU gelé à 12,02 €/h.
Niveau de salaireBrut annuelCoût aujourd'huiCoût aprèsÉcart
1,0 SMIC22 404 €24 059 €22 404 €−6,9 %
1,2 SMIC26 885 €32 688 €26 885 €−17,8 %
1,6 SMIC35 846 €48 308 €35 846 €−25,8 %
2,0 SMIC44 808 €62 710 €44 808 €−28,5 %
3,0 SMIC67 212 €97 384 €67 212 €−31,0 %
4,0 SMIC89 616 €129 846 €89 616 €−31,0 %
Coût employeur net d'une hausse de rémunération de 1 €, à valeur ajoutée inchangée, dans les architectures successives.
ArchitectureSous 1,6 SMICAu-dessus
Aujourd'hui1,93 €1,45 €
v11 — TVAE avec abattement0,77 €1,00 €
v12 — IFTD à 65 %0,35 €0,35 €
v13 et v15 — impôt sur l'excédent à 41,6 %0,584 €0,584 €
v17 — impôt sur l'excédent à 46 %0,540 €0,540 €

La simplification administrative, chiffrée

Elle n'avait jamais été évaluée avant la version 14. Disparaissent : la quarantaine de lignes de cotisations du bulletin de paie avec leurs assiettes et plafonds distincts, la formule de la RGDU et son exposant 1,75, les taux AT-MP tarifés par établissement, le versement mobilité dont le taux est voté par environ 350 autorités organisatrices, la contribution formation, la taxe d'apprentissage, la participation à l'effort de construction, la déclaration AGEFIPH, l'impôt sur les sociétés et son appareil de reports et d'intégration — la frontière entre les taux de TVA et, propre à cette version, la taxe sur les salaires.

Apparaissent : la mesure du capital net engagé, le régime forfaitaire et son seuil, le plancher à 10 %. Sur environ 250 millions de bulletins de paie par an à 15-30 € de traitement, et deux millions de sociétés à l'IS, le gain net est de l'ordre de 3 à 5 Md€ par an, un peu plus que dans la v13 grâce au taux unique. C'est réel, c'est du même ordre que le solde de la réforme, et c'est bien inférieur aux 60 Md€ de charges administratives que l'OCDE attribue à l'ensemble de la réglementation, dont la fiscalité n'est qu'une fraction.

09 — L'effet sur l'emploi

La répercussion salariale entre au scénario central.

Le calcul utilise les paramètres du rapport Bozio-Wasmer d'octobre 2024, ceux que la MECSS du Sénat emploie sous OpenFisca : élasticité de −0,4 au niveau du SMIC s'annulant à 2 SMIC, plus −0,2 constante au niveau de l'entreprise. L'effet ex ante ne change pas, la baisse du coût du travail ne dépendant pas du taux de l'impôt sur l'excédent.

Bande de salaireEffectifBaisse du coûtAllègementÉlasticitéEmplois
Moins de 1,2 SMIC7,1 M−12 %22,9 Md€0,56474 000
1,2 à 1,6 SMIC5,3 M−22 %43,3 Md€0,44508 000
1,6 à 2,0 SMIC3,7 M−27 %51,9 Md€0,28280 000
2,0 à 3,0 SMIC3,9 M−30 %88,1 Md€0,20233 000
Plus de 3,0 SMIC1,1 M−31 %36,7 Md€0,2069 000
Total, effet ex ante21 M−25,8 %242,9 Md€1 564 000

L'allègement va là où l'élasticité est nulle

La réduction générale dégressive exonère déjà presque tout au SMIC : la baisse de coût n'y est que de 6,9 %, contre 31 % à 3 SMIC. Sous 1,6 SMIC : 27 % de l'argent, 63 % des emplois. Au-dessus : 73 % de l'argent, 37 % des emplois.

Le coût par emploi ressort à 67 000 € sous 1,6 SMIC et 304 000 € au-dessus, pour une moyenne ex ante de 155 000 €, contre 79 000 € pour les allègements actuels. Rapporté à la fourchette ex post retenue ci-dessous, le ratio monte à environ 555 000 € par emploi. Ce n'est pas nécessairement un reproche, l'allègement au-dessus de 1,6 SMIC étant la suppression d'une distorsion et non une dépense pour l'emploi. Mais le document ne peut pas présenter l'emploi comme sa justification principale.

Ce qui change en v17 : la répercussion n'est plus une sensibilité

La v15 chiffrait à répercussion nulle et plaçait les autres cas en sensibilité. C'était l'hypothèse la moins probable à long terme : la littérature d'incidence conclut que les cotisations patronales sont supportées par les salariés, donc leur suppression remonte en salaires. Et le mécanisme se déclenche même sans marché, par l'indexation légale du SMIC.

Le scénario central retient 30 % de répercussion sur cinq ans, soit 72,87 Md€ remontés en salaires bruts.

Chaque euro passé en salaire sort d'une assiette taxée à 46 % et ne revient qu'à 26 % par la contribution généralisée et 8 % par la TVA. La perte unitaire est de 12 points, contre 7,6 à 41,6 %.
Part de la baisse répercutée en salairesEmploisEffet budgétaireSolde
0 %1 564 000 ex ante−4,2
30 % — retenu1 095 000−8,74−12,9
50 %782 000−14,6−18,8
100 %0−29,1−33,3

Il n'y a pas d'arbitrage entre emploi et budget : les deux vont dans le même sens, et le mauvais scénario est mauvais deux fois. Mais il se déclenche tout seul, puisque créer un million d'emplois tend le marché du travail et produit la hausse de salaires qui détruit l'assiette. La réforme s'autolimite, et les euros qui ne créent pas d'emploi ne sont pas perdus : ils apparaissent en pouvoir d'achat des salariés déjà en poste. Voir l'onglet correspondant en section 12.

Pourquoi 1,56 million n'est pas atteignable

L'offre de travail. La France compte 2,3 millions de chômeurs et un halo de 1,9 million. Créer 1,56 million d'emplois ramènerait le chômage à 2,4 %, très en deçà de tout minimum structurel observé.

Le financement. Ces élasticités sont estimées pour des mesures ciblées et partielles. Ici l'allègement est financé par un impôt sur l'excédent à 46 %, qui pèse sur l'autofinancement, et par une TVA qui ampute la demande réelle. Le coefficient ex post retenu est de 32 à 48 %, contre 40 à 60 % en v15, le financement étant plus lourd.

Fourchette retenue : 350 000 à 525 000 emplois, contre 400 000 à 800 000 en v15, soit +0,9 à +1,3 point de taux d'emploi. L'écart avec l'Allemagne, à 77 %, serait réduit d'un sixième au mieux.

10 — Le test sur trois entreprises

Trois profils, trois comptes publiés, cinq architectures.

C'est ce test qui a fait tomber la version 12. En v17, il fait disparaître la moitié du gain de l'entreprise que le diagnostic prétend soulager, et il faut le montrer.

Statut des chiffres

Sourcé. TF1 groupe 2024 : chiffre d'affaires 2 356 M€, résultat opérationnel courant 297 M€, résultat net 206 M€, coût des programmes 986 M€, 3 115 collaborateurs en CDI. Groupe LDLC, exercice 2024-2025 : chiffre d'affaires 534,5 M€, marge brute 113,3 M€, excédent brut d'exploitation 2,6 M€, résultat net −10,9 M€, environ 1 100 collaborateurs. Dassault Aviation groupe 2024 : chiffre d'affaires ajusté 6 230 M€ dont 68 % à l'export, résultat opérationnel 527 M€, impôts 186 M€, effectif 14 589.

Reconstruit. La valeur ajoutée, le partage entre salaires bruts et cotisations patronales, l'investissement productif et le capital net. Les ordres de grandeur tiennent, les décimales non.

Prélèvements totaux acquittés, en millions d'euros. « Aujourd'hui » = cotisations patronales + prélèvements résiduels + impôt sur les sociétés. En v17, le capital net est celui de la définition ROCE arrêtée en section 03.
Excédent brutCapital net v17Aujourd'huiv13 et v15v17
TF1710800200282313
écart+41 %+56 %
LDLC14,3968,94,44,9
écart−51 %−45 %
Dassault Aviation1 140430560449517
écart−20 %−8 %

Dassault ne gagne plus que 8 %, et la cause est double

La définition ROCE nette les avances et acomptes reçus, considérables sur les contrats Rafale. Le capital net de Dassault tombe de 1 500 à environ 430 M€, ce qui réduit sa déduction notionnelle de plus des deux tiers. S'y ajoute le passage de 41,6 à 46 %.

C'est exactement l'écart de 131 M€ que la v15 avait identifié, tranché dans le sens défavorable à l'entreprise. L'entreprise que le diagnostic désigne comme celle qu'il faut soulager — forte en main-d'œuvre qualifiée, exportatrice, capitalistique — n'est plus soulagée que marginalement. C'est le coût de l'objectif 04, et il tombe sur l'objectif 05.

Ce que le test valide encore

LDLC gagne 45 %, profil que les cotisations pénalisent le plus. Une entreprise en perte nette de 10,9 M€ acquitte tout de même 4,9 M€ : l'impôt sur l'excédent, comme les cotisations qu'il remplace, est dû avant la rentabilité. Il l'est simplement après les salaires.

TF1 paie 56 % de plus, ce qui est l'intention : licence hertzienne, marge de 12,6 %, peu de capital à déduire, c'est la rente domestique que l'impôt vise.

Au niveau agrégé, les entreprises acquittent 348,99 Md€ contre environ 382 aujourd'hui, soit −33 Md€. La v15 leur en rendait 49. Le passage à 46 % reprend un tiers du transfert, et c'est ce qui referme l'essentiel du budget.

11 — Le bilan

Ce qui disparaît, ce qui le remplace, et ce qui n'était pas une recette.

Prélèvements supprimésMd€
Cotisations sociales salariales141,24
Cotisations sociales patronales286,76
− dont employeurs publics, transfert interne consolidé−67,00
Prélèvements résiduels sur la masse salariale23,10
Impôt sur le revenu90,70
Contribution sociale généralisée154,00
Contribution au remboursement de la dette sociale7,90
Prélèvement de solidarité sur le capital13,86
Impôt sur les sociétés57,40
Total à remplacer707,96
Recettes nouvellesMd€
TVA à taux unique de 25 %125,18
TVA — franchise en base, chiffrage prudent6,00
Prélèvement sur le capital à 33 %60,99
Impôt sur l'excédent à 46 %, r = 3,8 %, suramortissement348,99
Impôt de constatation à 15 %, imputable0,00
Contribution généralisée, brute (10/25/44/56)334,88
− Coût du quotient conjugal, plafonné à 7 900 €−23,52
Total créé852,52
Solde — chiffrage statique+144,56
Provisions et transfertsMd€
− Provision comportementale — TVA (12 %)−15,74
− Provision comportementale — impôt sur l'excédent (9,5 %)−33,15
− Provision comportementale — réalisation des plus-values−0,75
− TVA non déductible des administrations, recette circulaire−15,00
− TVA sur les médicaments remboursés, à la charge de l'assurance maladie−3,00
− Répercussion salariale de 30 %−8,74
− Correctif d'indexation des pensions au-delà de 22 500 €−5,50
− Compensation universelle, 1 500 € × 50,4 M unités−75,60
Solde prudent−12,92

Le chemin depuis les +14,4 Md€ de la version 15

ÉtapeMd€
Solde prudent affiché en v15+14,39
Recettes circulaires retirées (administrations, médicaments)−18,00
Franchise en base ramenée de 12,60 à 6,00−5,81
Suppression de la taxe sur les salaires−8,65
Taux notionnel indexé à 3,8 % et suramortissement de 10 %−8,31
Répercussion salariale portée à 30 % au scénario central−8,74
Correctif d'indexation des pensions−5,50
Provisions comportementales relevées−2,42
Impôt sur l'excédent porté de 41,6 à 46 %+25,42
Prélèvement sur le capital porté de 31,4 à 33 %, net de provision+2,21
Ajustements de bouclage+2,49
Solde v17−12,92

Trois lignes sur dix ne sont pas des choix. Un État qui se taxe lui-même ne crée pas de recette, une assurance maladie qui paie 25 % de TVA sur les médicaments qu'elle rembourse non plus, et un rendement de franchise en base trente fois supérieur au chiffrage officiel d'une mesure voisine ne se soutient pas. Ces 23,8 Md€ n'ont jamais existé. Le reste est assumé.

La sensibilité du solde

Effets calculés isolément, à partir du solde de référence de −12,92 Md€.
HypothèseEffetSolde
Référence — 67 Md€ récupérés, r indexé, répercussion 30 %−12,9
Aucune consolidation : les 67 Md€ restent à remplacer−67,0−79,9
La part CNRACL des 67 Md€ n'est pas récupérée−32,0−44,9
Récession : excédent brut agrégé −10 %−34,9−47,8
Suramortissement porté à 25 % pour sauver l'objectif 05−12,0−24,9
Avance de la compensation d'un trimestre, année 1 seulement−19,0−31,9
Quotient conjugal plafonné à 4 000 €+7,0−5,9
Forfait ramené à 1 400 € par unité+5,0−7,9
Répercussion salariale nulle, hypothèse de la v15+8,7−4,2

La récession reste le risque non couvert le plus lourd, et la réponse n'est plus à inventer : les 80 à 90 Md€ de réserves de l'AGIRC-ARRCO, que la fiscalisation des cotisations libère de leur objet initial, absorbent deux à trois années de choc. Le fonds de lissage que la v15 appelait de ses vœux existe déjà. Voir section 13.

Deux hypothèses politiques subsistent, contre trois en v15

Le taux notionnel n'en est plus une, puisqu'il suit une règle. Restent la récupération des 67 Md€ auprès des collectivités et des hôpitaux, et la clause de neutralisation des indexations légales. La première devient mécanique si l'on inscrit en loi de finances une réduction de DGF et d'ONDAM égale aux cotisations que chaque employeur public aurait acquittées, montant connu employeur par employeur par la DSN. Cela ne la rend pas populaire ; cela la fait passer de l'arbitrage à l'arithmétique.

12 — L'effet par décile

Aucun décile perdant, un groupe perdant.

Variation du pouvoir d'achat annuel par décile de niveau de vie, hausse des prix propre à chaque décile comprise. Trois états, parce que la répercussion salariale est désormais au scénario central et qu'il serait malhonnête de comparer à la v15 sans le dire.

Le tableau par décile ne teste pas l'équité horizontale, et voici ce qu'il cache

Une moyenne de décile à +4 % peut recouvrir une moitié de gagnants à +9 % et une moitié de perdants à −2 %. La v15 formulait cette réserve et la classait sans suite. Le perdant est maintenant identifié : à niveau de vie identique, les retraités de la moitié supérieure sont perdants de 1,0 à 1,6 %.

La cause est mécanique et n'a rien d'un défaut de calibrage : un salarié voit disparaître 22,6 points de prélèvement, un retraité seulement 9,1. Le forfait couvre l'effet-prix jusqu'à 22 500 € de consommation par unité, pas au-delà. La pension médiane étant d'environ 18 500 € annuels, l'ordre de grandeur de la population concernée est de six à huit millions de personnes. Voir section 04.

Une microsimulation du type INES ou TAXIPP reste la première priorité méthodologique, et elle seule permettra de tester la distribution des gains à l'intérieur de chaque décile.

L'effet oublié : un saut de prix est un prélèvement sur l'épargne nominale

Aucune version antérieure ne le chiffrait. Un saut de niveau des prix de 6,67 % réduit de 6,25 % la valeur réelle de toute créance nominale fixe. Sur les quelque 2 900 Md€ d'épargne des ménages en fonds euros, dépôts et livrets, cela représente de l'ordre de 180 Md€ de valeur réelle prélevée, concentrés sur la même population que le point précédent.

La contrepartie doit être énoncée dans la même phrase : l'État voit sa dette allégée d'environ 200 Md€ en termes réels, hors titres indexés. C'est de loin le plus gros mouvement du dispositif, il est invisible dans tous les tableaux, et une fraction en est explicitement affectée au correctif retraités de la section 04. Une perte cachée qui finance un correctif nommé vaut mieux qu'un angle mort.

Ce que la compensation renverse, et ce qui la protège désormais

Le premier décile passe de −9,3 % à +6,5 % et devient le deuxième plus gros gagnant, alors qu'il subit la plus forte hausse de prix. Le forfait de 1 500 € par unité vaut 15,8 % de son revenu et surcompense largement l'inflation alimentaire. Le point dur est au troisième décile, à +2,7 % : trop de revenu pour que le forfait pèse, pas assez pour tirer pleinement parti de la suppression des cotisations salariales.

La v15 concluait que le rabotage du forfait était le risque politique central, sans lui opposer de garde-fou. Le forfait étant désormais exprimé en fraction du produit de la TVA et inscrit au même niveau de norme que le taux, le raboter suppose de baisser la TVA dans le même texte. Le risque n'est pas supprimé, il est rendu visible.

13 — Ce qui reste ouvert

Une proposition en travaux, avec cinq questions fermées et trois nouvelles.

La version 15 laissait ouverts neuf points. Cinq sont traités. Trois questions apparaissent, dont une que douze versions n'avaient jamais posée et qui est plus lourde que la réforme fiscale elle-même.

Prioritaire, et nouveau — les droits contributifs

Le document traite 708 Md€ comme un problème de financement. Mais environ 200 Md€ n'achètent pas un service : ils ouvrent des droits individuels. Supprimer les cotisations vieillesse, la retraite complémentaire et l'assurance chômage engage le paritarisme, les réserves des régimes et la nature même de la retraite française. La fiche de paie de la page d'accueil supprime explicitement la retraite complémentaire T1 et la contribution d'équilibre, et rien n'était dit de ce que devenaient les droits.

La réponse est plus simple qu'il n'y paraît, parce que l'ouverture des droits est déjà largement décorrélée de la cotisation versée. Retraite de base : les trimestres se valident sur un seuil de salaire, 150 SMIC horaire, et le salaire annuel moyen se calcule sur le brut, que la DSN continue de transmettre. Rien à changer, et il faut le dire parce que c'est contre-intuitif. Chômage : la cotisation salariale a déjà été supprimée en 2018 et l'UNEDIC est financée aux deux tiers par la CSG ; la bascule est marginale. AGIRC-ARRCO : la formule d'acquisition passe de « points = cotisation / prix d'achat » à « points = brut × taux de référence / prix d'achat ». Les droits sont rigoureusement identiques ; ce qui disparaît est la ressource, pas le droit. Une fraction de l'impôt sur l'excédent est affectée au régime par loi organique, les partenaires sociaux conservant la fixation du prix d'achat et de la valeur de service à l'intérieur d'une enveloppe pluriannuelle.

Cette brique en règle une autre : les réserves du régime deviennent le fonds de lissage de la procyclicité que la v15 appelait sans le nommer.

Prioritaire, et nouveau — le Pilier 2 et les conventions fiscales

Un impôt sur la valeur ajoutée nette des salaires n'est probablement pas un impôt couvert au sens des règles GloBE, pas plus que ne l'était la CVAE. Si c'est le cas, les filiales françaises de groupes multinationaux afficheraient un taux effectif proche de zéro et déclencheraient un impôt complémentaire à l'étranger, en plus des 46 % acquittés en France. Même logique pour les conventions fiscales, qui couvrent les impôts sur le revenu et n'ouvriraient donc pas droit à crédit d'impôt.

L'impôt de constatation à 15 %, imputable, répond aux trois risques pour un rendement nul. Il reste à faire confirmer sa qualification par une note technique, et à faire tester formellement les quatre critères cumulatifs de l'arrêt Banca Popolare di Cremona au regard de l'article 401 de la directive TVA. La CVAE a passé cet examen ; tant que la note n'est pas écrite, l'objection restera opposée.

Nouveau — le séquençage, que rien ne résout à coût nul

La TVA à 25 % s'applique le premier jour. La compensation universelle suppose une chaîne de versement CAF-DGFiP qu'il faut construire, tester et fiabiliser pour trente millions de foyers. Si le décalage dépasse un mois, la réforme sera jugée sur la hausse du prix du pain avant que le premier virement ne parte.

La seule parade est de verser la compensation au moins un trimestre avant l'entrée en vigueur de la TVA, ce qui coûte une avance non récupérable de l'ordre de 19 Md€ en année 1. C'est cher, et c'est probablement la dépense la plus rentable du projet.

L'amortissement, l'endettement et l'objectif 05

Le coin fiscal sur un incrément de production capitalistique passe de 20,0 % à 27,4 %. L'amortissement et les charges financières restent dans l'assiette : une entreprise endettée acquitte 46 % sur ce qu'elle doit à sa banque, et la déduction notionnelle à 3,8 % est inférieure au coût réel de la dette d'entreprise.

L'amortissement immédiat est le correctif théoriquement juste et il est inabordable à ce taux, au-delà de 100 Md€ en régime permanent. Le correctif praticable est un suramortissement porté de 10 à 25 %, qui ramène le coin à environ 25,5 % pour 12 Md€. C'est l'arbitrage central de cette version : douze milliards contre deux points de coin fiscal sur l'industrie capitalistique.

Les indépendants, l'AT-MP, l'AGEFIPH, le versement mobilité

Aucun de ces quatre points n'est traité, et c'est inchangé depuis la v15. La rémunération d'un gérant majoritaire n'est pas un salaire au sens de l'article L.242-1 : si elle n'est pas déductible, l'entreprise individuelle subit un double prélèvement. L'AT-MP, environ 14 Md€, est tarifée à la sinistralité et constitue un signal-prix de la sécurité au travail. L'AGEFIPH est une pénalité de quota. Le versement mobilité représente plus de 40 % des ressources des autorités organisatrices de transport.

Les taux marginaux implicites, et la rénovation du logement

Prime d'activité, aides au logement et complémentaire santé solidaire produisent l'essentiel des taux marginaux implicites en bas de distribution. La compensation universelle, étant inconditionnelle, n'en ajoute aucun, mais elle ne résout pas ceux qui existent.

Les travaux de rénovation du logement passeraient de 10 % et 5,5 % à 25 %, en collision avec la politique de rénovation énergétique. Ce point reste entièrement ouvert. La ligne « énergie, eau » du panier, classée à 15 % de taux moyen, mérite toujours d'être reprise sur la nomenclature COICOP réelle.

Refermé par la version 17

La définition du capital net, arrêtée par renvoi à la liasse fiscale, avec le cas Dassault tranché dans le sens défavorable à l'entreprise. Le revenu fiscal de référence, redéfini sur l'assiette de la contribution généralisée. L'unité de consommation, adossée aux règles de composition du foyer de la CAF. Le rabotage du forfait, verrouillé par une indexation sur le produit de la TVA au même niveau de norme que le taux. Le taux notionnel, qui suit une règle au lieu d'une décision. Le mécanisme de lissage de la procyclicité, qui existe déjà sous forme de réserves de régime.

14 — Le journal des corrections

Ce que la version 17 change.

L'architecture ne bouge pas. Ce qui bouge est le réalisme du chiffrage, trois taux, et les définitions qui manquaient.

ObjetVersion 15Version 17
TVA25 %, taux unique25 %, inchangé
TVA non déductible des administrationscomptée en recette, retrait en sensibilitéretirée du chiffrage, −15 Md€
TVA sur médicaments remboursésnon traitéeretirée, −3 Md€
Franchise en base12,60 Md€6,00 Md€
Taxe sur les salairesmaintenue, +8,65 Md€supprimée
Impôt sur l'excédent41,6 %46 %
Taux notionnel3,5 % par décisionOAT 10 ans + 0,5 pt, soit 3,8 %
Amortissementaucun correctifsuramortissement de 10 %
Prélèvement sur le capital31,4 %33 %
Capital netnon défini, 131 M€ d'écart sur un casdénominateur du ROCE, renvoi à la liasse
Pilier 2 et conventions fiscalesnon traitésimpôt de constatation à 15 %, imputable
Indexation légalepensions neutralisées en totalitéclause unique, neutralisation sous 22 500 €
Indexation du SMICnon traitéecouverte par la clause, SMIC net défini
Retraité à 30 000 € de pension−2,4 %−1,0 %
Retraité à 60 000 € de pension−4,4 %−1,6 %
Indexation du forfaitaucune22 % du produit net de la TVA
Unité de consommationconvention statistiquerègles de composition du foyer, CAF
Revenu fiscal de référencesupprimé, conséquences ouvertesredéfini sur l'assiette de la CG
Droits contributifsnon traitéstrimestres, SAM, points AGIRC-ARRCO réécrits
Répercussion salariale0 % au scénario central30 %, avec effet emploi et budget
Coût marginal du salaire0,584 €0,540 €
Emplois400 000 à 800 000350 000 à 525 000
Coin fiscal capitalistique25,9 %27,4 %
Dassault Aviation−20 %−8 %
Épargne nominalenon chiffrée≈ 180 Md€, contrepartie de dette publiée
Séquençagenon traitéavance d'un trimestre, ≈ 19 Md€
Solde prudent+14,39 Md€−12,92 Md€
Objectifs pleinement atteints3 sur 52 sur 5

Les trois paramétrages testés puis écartés en chemin

La TVA à 27 % (v16). Deux points rapportent 25,87 Md€ bruts et 1,88 Md€ nets, une fois relevées la provision comportementale, la circularité et surtout la compensation, qui doit passer à 1 767 € pour tenir le troisième décile. Ils coûtent 1,4 point d'effet-prix sur le décile le plus exposé, porté à 9,67 %. Le plus mauvais rapport de tout le dispositif.

La contribution généralisée proportionnelle à 20 % (v18). Meilleur solde de toutes les versions, −1,9 Md€, et la plus lisible. Elle rend son avantage au quotient conjugal sans qu'aucune décision soit prise, ce qui dégage 25 Md€, mais elle crée 44 points d'écart entre le circuit dividende et le circuit salaire, rend six déciles perdants et ramène l'allocataire du RSA de +780 à +60 €. Le cas qui hantait le document depuis la version 8 redevenait indéfendable.

Le barème 10 / 25 / 46 / 59 (v19). Il porte bien le taux moyen de 18,49 à 20,00 %, mais rapporte 1,92 Md€ bruts pour 2,20 Md€ de provision comportementale : l'opération est légèrement négative. L'assiette au-delà de 100 000 € par part ne représente qu'une cinquantaine de milliards, et le taux marginal effectif sur le revenu consommé approche 67 %. Ce qu'on achète est 0,9 point de pouvoir d'achat retiré au dernier décile, à solde inchangé.

Les deux architectures écartées plus tôt, pour mémoire

L'impôt de flux de trésorerie assis sur la destination (v12) produisait, appliqué aux comptes publiés de Dassault Aviation, une créance permanente de 1 339 M€ par an sur l'État, et une assiette confiscatoire pour tout importateur. Sa neutralité suppose une appréciation réelle de la monnaie de t ÷ (1 − t), soit 186 % à un taux de 65 %, et la France ne dispose d'aucun canal de change propre dans la zone euro.

Le retour à un impôt sur les sociétés à 35 % (v14) divisait l'assiette entreprises par deux et le rendement par 2,3. Neuf déciles sur dix devenaient perdants. C'est l'objection que la section 03 oppose depuis la première version à l'impôt sur les bénéfices : l'assiette est deux fois trop étroite.

Ce qui n'a jamais bougé

Les 707,96 Md€ à remplacer, le barème 10 / 25 / 44 / 56 de la contribution généralisée depuis la version 11, le plafond du quotient conjugal à 7 900 €, le forfait de 1 500 € par unité de consommation, la TVA à taux unique de 25 % et le panier de prix renormalisé hors loyers imputés.

Document de travail — version 17. Cette page présente une proposition de réforme en cours d'élaboration, à des fins de compréhension et de débat public. Elle ne constitue ni un conseil fiscal, ni un programme adopté. Deux des cinq objectifs affichés sont pleinement atteints, contre trois revendiqués en version 15. La note est plus basse parce que les critères sont plus durs : les recettes que l'État se versait à lui-même sont sorties du chiffrage, la répercussion salariale est entrée au scénario central, et le perdant que le tableau par décile masquait est nommé.

Le solde de −12,92 Md€, soit 0,44 point de PIB, est assumé : il finance 350 000 à 525 000 emplois et une hausse de 14 % du pouvoir d'achat au SMIC. Il repose encore sur deux hypothèses politiques et non techniques — la récupération de 67 Md€ auprès des collectivités et des hôpitaux, et la clause de neutralisation des indexations légales pour l'année du basculement. Chacune peut le tripler à elle seule. Deux points restent hors de portée du chiffrage : la qualification de l'impôt sur l'excédent au regard des règles GloBE, et l'avance de trésorerie qu'exige un versement de la compensation antérieur à la hausse des prix. Le journal des corrections en section 14 recense l'intégralité de ce qui a été modifié, ainsi que les trois paramétrages et les deux architectures explorés puis abandonnés.

Référentiel : RGDU au 1er janvier 2026, barème de l'impôt sur le revenu 2025. Élasticités de l'emploi au coût du travail : rapport Bozio-Wasmer, octobre 2024. Montants en milliards d'euros, exercices 2023 et 2024. Comptes d'entreprises : documents d'enregistrement universel et communiqués de résultats 2024 et 2024-2025. Sources : INSEE, FIPECO, Cour des comptes, direction du Budget, direction générale du Trésor, DREES, URSSAF, OCDE.