PACTE 2027 pour les entreprises
Remplacer une grande partie des prélèvements fixes par un impôt sur l’excédent, avec un coût du travail plus bas et une fiscalité plus réactive au cycle.
Le changement essentiel
Le projet retire une grande partie des prélèvements assis sur le travail et la production et les remplace par un impôt sur l'excédent économique. L'allègement net macroéconomique central n'est pas la somme brute des suppressions : il est estimé à 38,95 Md€ dans le calibrage 2024.
Prélèvements macroéconomiques sur les sociétés dans le périmètre étudié aujourd'hui.
Après PACTE, périmètre macroéconomique comparable.
Allègement central provisoire.
Ce qui est remplacé ou supprimé
Cotisations employeur remplacées dans le périmètre de la réforme. Un reliquat de 17,534 Md€ reste sous audit.
Impôts de production supprimés ; 22,70 Md€ sont maintenus dans l'inventaire de travail.
IS net retiré du périmètre ; d'autres prélèvements D.5 restent conservés.
Le nouvel impôt principal
Emploi
Si l'entreprise dispose d'un excédent taxable suffisant, 1 € de salaire réduit l'impôt de 0,42 €. Le coût après impôt peut alors être ramené à 0,58 €.
Investissement
1 € d'investissement neuf peut procurer 0,1554 € d'économie fiscale immédiate lorsque la base taxable est suffisante.
Pénibilité : faire payer le coût à l’activité qui la crée
PACTE ne recrée pas une cotisation patronale générale. Il réduit seulement la déductibilité des salaires correspondant à une année d’exposition reconnue, afin que l’entreprise ait intérêt à investir pour supprimer l’exposition.
Déductibilité du salaire exposé
Un salaire normal reste déductible à 100 %. Un salaire exposé au-dessus d’au moins un seuil national n’est déductible qu’à 94,5 %.
Correctif fiscal potentiel
5,5 % de base non déduite × 42 % d’impôt = environ 2,31 % du salaire exposé lorsque l’entreprise dispose d’un excédent taxable suffisant.
Contraintes physiques
Manutentions lourdes, postures forcées, vibrations.
Environnement agressif
Agents chimiques, milieu hyperbare, températures extrêmes, bruit.
Rythmes contraints
Nuit, équipes alternantes, travail répétitif cadencé.
Lecture du calibrage central : l’assiette de 719,79 Md€ et le produit de 302,3118 Md€ restent, à ce stade, calculés avant ce module de pénibilité. Ils ne seront recalés qu’après microsimulation de la masse salariale réellement exposée.
Le passage au nouveau système : pas une année sans impôt
Les cotisations patronales disparaissent dès la bascule. L’État ne peut donc pas attendre la clôture de l’exercice N puis N+1 pour percevoir l’impôt sur l’excédent. La transition reprend le principe des acomptes d’impôt sur les sociétés.
Année N−1
L’administration calcule à blanc ce qu’aurait été l’impôt PACTE de l’entreprise. Ce montant sert de référence initiale pour les acomptes de l’année N, sans modifier l’impôt réellement dû en N−1.
Année N
Des acomptes sont versés pendant l’exercice, puis régularisés après clôture sur l’excédent taxable réellement constaté. Le mécanisme évite une année de décalage de trésorerie pour les finances publiques.
Pourquoi le système amortit mieux une crise dans l'entreprise
Le point faible à corriger : l'investissement en période de perte
La déduction de 37 % est attractive lorsque l'entreprise est bénéficiaire, mais elle peut devenir sans valeur immédiate lorsque l'excédent taxable est nul — exactement au moment où l'investissement est le plus fragile.
Économie d'impôt potentielle par euro investi lorsque la base taxable existe.
Report revalorisé des déductions inutilisées et/ou carry-back limité. Le projet doit encore choisir entre report revalorisé et carry-back limité afin que l’incitation ne disparaisse pas pendant les pertes.
Exportateurs et compétitivité
La combinaison « baisse forte du coût employeur + TVA de destination » fonctionne comme une dévaluation fiscale : l'export n'est pas soumis à la TVA française alors que les importations consommées en France le sont.
Ce qui reste sous audit pour les entreprises
Assiette d'excédent 719,79 Md€
À reconstruire sur comptes nationaux et données d'entreprises.
Report des déductions
Durée, revalorisation et carry-back à définir juridiquement.
Incidence salaires / prix / marges
Le partage réel de l'allègement déterminera une partie des effets d'emploi.
Le financement global reste prudent
Taux personnel retenu pour le financement général : un taux rond plutôt qu’un équilibrage au centime.
Marge budgétaire annuelle du périmètre de la réforme dans le calibrage central, avant effets macroéconomiques.