PACTE 2027 · Livre blanc

Manifeste pour une nouvelle architecture fiscale, sociale et territoriale

Moins taxer le travail. Préserver les droits. Donner de la lisibilité au financement collectif. Une proposition de réflexion chiffrée, conçue pour être testée, contredite et améliorée.

Septembre 2026Référentiel central — 14 septembre 2026Initiative citoyenne indépendanteArchitecture ouverte à la critique
Statut du document. PACTE 2027 n’est ni une réforme aboutie ni un texte prêt à voter. Ce livre blanc formalise une architecture possible, chiffrée pour être discutée, testée sur données réelles, corrigée et, si nécessaire, abandonnée sur certains points.
01
Le projet en quelques pages

Déplacer la question fiscale

PACTE 2027 part d’une interrogation simple : est-il rationnel de faire peser une part aussi importante du financement collectif sur le fait d’employer, alors que l’emploi, l’investissement productif et la capacité à traverser les crises sont précisément ce que nous cherchons à protéger ?

La proposition ne cherche pas à faire disparaître le financement de la protection sociale. Elle cherche à le déplacer vers des bases plus larges — revenus, consommation, capital et excédent économique — tout en conservant des droits sociaux identifiables et opposables.

« Le débat fiscal ne devrait pas seulement porter sur le niveau des prélèvements. Il devrait aussi porter sur ce que nous choisissons de taxer, sur le moment où nous le taxons et sur les comportements que notre système encourage ou pénalise. »
4,5 %

Contribution personnelle proposée.

24 %

TVA unique proposée.

42 %

Impôt sur l’excédent.

+3,73 Md€

Marge du périmètre central.

Les dix engagements

  1. Sortir progressivement le financement social du coût direct de l’emploi.
  2. Maintenir intégralement les droits sociaux déjà constitués.
  3. Rendre l’architecture compréhensible : peu de bases, peu de taux, des affectations explicites.
  4. Mettre fin à l’âge légal uniforme : 40 annuités validées ouvrent la possibilité de partir.
  5. Préserver les moyens nets des collectivités lorsque leurs charges employeur disparaissent.
  6. Taxer l’entreprise sur un excédent économique après salaires, capital et investissement.
  7. Mesurer les effets ménages en pouvoir d’achat réel.
  8. Assumer la cyclicité accrue et la traiter par stabilisation.
  9. Publier les hypothèses, calculs et points sous audit.
  10. Soumettre le projet à la contradiction avant toute traduction législative.
La ligne rouge. Changer le financement ne doit jamais signifier effacer les droits acquis, financer la réforme par un déficit caché ou déplacer silencieusement la charge vers les collectivités et les hôpitaux.
02
Premier basculement

Moins taxer le travail

Le financement social ne disparaît pas ; il cesse d’être principalement attaché à l’acte d’employer.

219,76 Md€

Cotisations employeur remplacées dans le périmètre étudié.

64,10 Md€

Impôts de production supprimés.

57,40 Md€

IS retiré du périmètre.

Dans le périmètre macroéconomique de contrôle 2024, les sociétés supportent 403,43 Md€ de cotisations employeur effectives, impôts de production et impôts courants sur le revenu et le patrimoine.

Attention au raccourci. 219,76 + 64,10 + 57,40 Md€ ne constituent pas une baisse nette de fiscalité : ces prélèvements sont remplacés en grande partie par le nouvel impôt sur l’excédent. L’allègement macroéconomique central est de 38,95 Md€.
  • Embaucher devient moins pénalisant. Le coût direct des prélèvements employeur diminue fortement, avec un gain variable selon les niveaux de salaire.
  • Conserver un salarié en crise devient plus soutenable. Lorsque la marge se contracte, l’impôt sur l’excédent baisse.
  • Le financement social est élargi. Le coût n’est pas supprimé : il est réparti sur d’autres bases.
03
Deuxième basculement

La retraite par durée de carrière

Fin de l’âge légal uniforme : 40 annuités validées ouvrent la possibilité de liquider sa retraite.

« Vous avez validé 40 annuités ? Vous pouvez partir. »
40 annuités ne signifient pas « taux plein ». Elles ouvrent le droit de liquider. La pension reste déterminée par les droits accumulés, leur revalorisation et le diviseur de liquidation ; partir plus tôt implique, à droits comparables, une pension annuelle plus faible.
Début de carrière40 annuités atteintes àLecture
18 ans58 ansDépart possible si les 40 annuités sont effectivement validées.
20 ans60 ansDépart possible à 60 ans.
22 ans62 ansDépart possible à 62 ans.
25 ans65 ansDépart possible à 65 ans.

Un compte notionnel, pas une capitalisation individuelle

Chaque année, le revenu professionnel déclaré crédite un compte notionnel. Le taux de travail retenu pour les droits directs est de 23,2 % jusqu’à 3 PASS, soit 144 180 € de revenu annuel en 2026.

23,2 %

Droits directs notionnels.

3,2 %

Réversion collective.

0,4 %

Gestion de référence.

26,8 %

Taux notionnel complet de référence : droits directs + réversion + gestion. Il ne constitue ni une cotisation de paie ni une recette encaissée.

Une règle de revalorisation explicite

Le compte est indexé sur la croissance de l’assiette nationale des revenus professionnels déclarés entre 0 et 3 PASS. En euros courants, l’index suit la croissance nominale de cette assiette ; en euros constants, sa croissance réelle. Le même taux est utilisé dans le diviseur de liquidation.

Taux notionnel annuel = évolution de l’assiette nationale 0–3 PASS Capital après n années = a × ((1+r)^n − 1) / r Diviseur = (1 − (1+r)^−e) / r, avec le même r
Le compte n’est pas une tirelire. Les montants crédités ne sont pas placés sur un compte financier individuel. Ils constituent un droit en répartition, indexé sur la richesse produite. À taux de revalorisation positif, la pension cumulée peut donc dépasser en euros nominaux la somme des droits initialement crédités : ce rendement provient de la croissance de l’assiette nationale, pas d’un placement ni d’un capital financier détenu par l’assuré.
Mécanisme de balance. Si la valeur actualisée des droits dépasse durablement les ressources affectées au système, un coefficient automatique réduit temporairement la revalorisation jusqu’au retour vers l’équilibre.
Qui supporte le risque ? Avant liquidation, le mécanisme de balance peut ralentir la revalorisation des comptes ; à la liquidation, la longévité projetée de la génération agit dans le diviseur ; après liquidation, l’indexation sur les prix reste la règle de travail et toute correction exceptionnelle doit être explicitement encadrée.
Espérance de vie : correction partielle par les 40 annuités. Les débuts de carrière très précoces sont associés à une espérance de vie plus faible ; permettre à ces carrières de liquider plus tôt corrige donc déjà une partie de l’inégalité. Cette correction n’est pas totale : l’âge de début de carrière n’est pas une catégorie sociale. Le diviseur reste commun à la génération et le résidu doit être traité par pénibilité / solidarité, pas par des tables de mortalité professionnelles.

Pénibilité : trois axes et une règle simple

AxeExpositions
Contraintes physiquesManutentions lourdes, postures forcées, vibrations
Environnement agressifAgents chimiques, hyperbare, températures extrêmes, bruit
Rythmes contraintsNuit, équipes alternantes, travail répétitif cadencé
Pas de métier pénible. Une année au-dessus d’au moins un seuil = une année d’exposition, sans cumul si plusieurs seuils sont franchis. 10 années exposées → 39 annuités requises ; 20 années → 38 ; plafond de deux ans.
Financement employeur et droit miroir. Le salaire exposé, retenu dans la limite de 3 PASS par salarié, est déductible à 94,5 % au lieu de 100 % dans l’impôt sur l’excédent. À 42 %, le correctif potentiel vaut environ 2,31 % du salaire exposé. Chaque année reconnue crédite en miroir 2,31 % du salaire exposé, plafonné à 3 PASS, sur le compte notionnel du salarié. Le produit est fléché vers ces droits et reste hors bouclage central tant que l’assiette exposée n’est pas microsimulée.

Les périodes non travaillées sont protégées par une règle explicite

PACTE sépare la durée de carrière et le montant des droits. Les périodes protégées valident les 40 annuités au prorata de leur durée, tandis qu’un crédit notionnel de solidarité compense tout ou partie du revenu manquant. Le revenu de référence est la moyenne des 12 mois précédant l’interruption, plafonnée à 3 PASS ; aucun double compte n’est possible si un revenu professionnel continue d’être versé.

PériodeBase de droits protégéeRègle
Maternité / adoption / second parent100 % du revenu de référenceNeutralisation intégrale pendant la période protégée.
Maladie / AT-MP100 % pendant 12 mois, puis 80 %Annuité validée au prorata.
Invalidité / handicap empêchant l’activité80 % du revenu de référenceJusqu’à reprise ou liquidation.
Chômage involontaire indemnisé80 % du revenu de référencePendant la durée d’indemnisation.
Chômage non indemnisé après épuisementValidation de durée, sans crédit monétaire12 mois maximum par épisode.
Congé parental / proche aidant50 % du SMIC24 mois par enfant pour le parental ; 24 mois sur la carrière pour l’aidant.
Financement. Le crédit notionnel vaut 23,2 % de la base protégée au prorata de la période. Il est payé par un budget de solidarité distinct du socle contributif : le droit est visible, son coût aussi.

Le financement : ce que la réforme change réellement

HorizonSituationLecture
Système actuel 2026Déficit COR ≈ 5 Md€Le déséquilibre est déjà présent.
PACTE année 1Pensions liquidées et droits acquis maintenusPas d’économie de caisse immédiate ; le déficit hérité doit être financé explicitement.
PACTE +10 ans≈40–45 % du stock sous nouvelle formule si les droits acquis des actifs sont convertis à valeur équivalenteTransition significative sans perte des droits constitués.
Régime permanentDroits, financement et balance reliés à la même assiette 0–3 PASSRégime conçu pour converger vers l’équilibre actuariel ; un déficit de caisse temporaire reste possible en transition ou après un choc. Solidarité financée séparément.
Le 26,8 % est un taux notionnel complet de référence, pas une recette. Le 23,2 % crédite les droits individuels ; 3,2 % et 0,4 % mesurent la réversion et la gestion. Aucun de ces taux ne constitue par lui-même un encaissement. Sur l’assiette de travail de 1 236 Md€, il représente 331,248 Md€ de coût économique annuel de référence. Les dépenses de retraite observées atteignent 422 Md€ en 2025. L’écart de 90,752 Md€ ne doit pas être présenté comme une économie : il faut le décomposer entre engagements hérités, solidarité et différences de périmètre.
Transition recommandée. Convertir à la date de bascule les droits déjà acquis des actifs en un capital notionnel d’ouverture de valeur actuarielle équivalente. Les pensions déjà liquidées restent inchangées ; les nouveaux retraités passent immédiatement par la nouvelle formule.
Condition d’équilibre actuariel. Le compte notionnel ne garantit pas l’absence de déficit de caisse à chaque instant. Le mécanisme de balance doit couvrir la revalorisation des comptes des actifs et prévoir le traitement de l’indexation des pensions en paiement si la réserve est épuisée et qu’un déséquilibre structurel persiste, avec protection des petites pensions.
Exemples de droits accumulés sur 40 ans
Salaire brut moyenDroits notionnels / anCompte simple après 40 ans*
2 000 €/mois5 568 €222 720 €
2 500 €/mois6 960 €278 400 €
3 500 €/mois9 744 €389 760 €
5 000 €/mois13 920 €556 800 €

* Scénario pédagogique r = 0 %, sans revalorisation.

Sensibilité illustrative de la pension

Exemple : 2 500 € brut/mois pendant 40 ans, avec une durée actuarielle illustrative de 22 ans.

Taux réel illustratif rCompte après 40 ansDiviseur illustratifPension mensuelleTaux de remplacement brut*
0,0 %278 400 €22,001 055 €/mois42,2 %
1,6 %385 800 €18,421 745 €/mois69,8 %
2,4 %458 852 €16,942 257 €/mois90,3 %

* Pension illustrative ÷ salaire brut moyen de 2 500 €. Ces taux illustrent uniquement la sensibilité. La règle politique proposée est l’indexation sur l’assiette 0–3 PASS.

Ce qui reste à construire. Tables générationnelles de mortalité, mesure du résidu de mortalité sociale après l’effet des 40 annuités, microsimulation de la masse salariale exposée et des seuils de pénibilité, minima de pension, coût budgétaire agrégé des périodes protégées, transition entre anciens et nouveaux droits et paramètres juridiques du mécanisme de balance.
04
Troisième basculement

Le financement des collectivités

Préserver les moyens nets plutôt que reproduire chaque ancienne recette.

La suppression des cotisations employeur concerne aussi les collectivités. Le calibrage central estime leur économie à 24 Md€. L’enveloppe brute baisse donc du même montant dans l’identité nationale de travail.

Aujourd’huiAprès PACTE
Ressources du périmètre réorganisé100,91 Md€76,91 Md€
Cotisations employeur territoriales−24,00 Md€0,00 Md€
Moyens nets comparables76,91 Md€76,91 Md€
26,75 Md€

CG territorialisée.

22,70 Md€

TVA territoriale.

20,80 Md€

Part de l’excédent.

6,66 Md€

Péréquation provisoire.

  • Ressources partagées automatiquement.
  • Part liée à l’activité réelle : emploi, masse salariale, capital productif.
  • Péréquation distincte de l’incitation économique.
  • Lissage pluriannuel pour éviter les coupes procycliques.
Point sous audit. La neutralité nationale de 76,91 Md€ ne démontre pas la neutralité commune par commune, département par département ou région par région.
05
Entreprise

Taxer l’excédent plutôt que le fait de produire

Une assiette qui déduit explicitement salaires, capital productif et investissement neuf.

Excédent taxable = max(0, valeur ajoutée − salaires − 3,8 % du capital net − 37 % de l’investissement neuf + 5,5 % des salaires exposés retenus) Impôt principal = 42 % × excédent taxable
42 %

Taux sur l’excédent.

3,8 %

Déduction du capital net.

37 %

Déduction de l’investissement neuf.

−38,95 Md€

Écart macro central.

MécanismeEffet recherchéCondition / réserve
Déduction des salairesRéduire le coût économique marginal de l’emploi.100 % pour un salaire non exposé ; 94,5 % pour un salaire exposé au-dessus d’un seuil de pénibilité, sur une base plafonnée à 3 PASS par salarié. À 42 %, correctif potentiel ≈2,31 % du salaire exposé.
Déduction du capitalNe pas pénaliser les activités intensives en équipements.Le périmètre juridique du capital productif reste à définir.
Déduction de 37 % de l’investissementCréer un avantage pouvant atteindre 15,54 c€ par euro investi.Sans assiette taxable, le bénéfice dépend des règles de report/carry-back.
Assiette plancher à zéroFaire tomber l’impôt principal lorsque l’excédent disparaît.Un déficit comptable ne signifie pas automatiquement excédent PACTE nul.
Point faible à corriger. Une déduction d’investissement inutilisable pendant les années de perte serait procyclique. Il faut donc choisir une règle de report revalorisé et/ou un carry-back limité.
Important pour le bouclage central. L’assiette de 719,79 Md€ et le produit de 302,3118 Md€ restent calculés avant le module pénibilité. Le correctif de 5,5 % des salaires exposés et les droits de 2,31 % en miroir seront intégrés simultanément après microsimulation, sans être comptés comme marge budgétaire libre.
06
Ménages

Mesurer le pouvoir d’achat réel

Une hausse de certains prix n’a de sens qu’en regard de l’évolution du revenu disponible et du panier complet.

4,5 %

Contribution personnelle.

15/23/36/43 %

Contribution générale progressive.

1 366,50 €

Compensation / UC / an.

600 €

Crédit / enfant mineur / an.

Cas type : une personne seule au SMIC

ÉtapeMontant / effet
Salaire brut mensuel1 867,02 €
Contribution personnelle à 4,5 %−84,02 €
Contribution générale−296,08 €
Compensation mensuelle+113,88 €
Revenu disponible nominal≈ 1 600,80 €
Effet-prix moyen retenu+5,82 %
Pouvoir d’achat en euros d’aujourd’hui≈ 1 512,80 €
Gain réel vs référence actuelle+34,87 €/mois · +2,36 %
Ne pas confondre. Le cas SMIC est un cas type, pas une promesse individuelle. Le résultat dépend du revenu, du foyer, de la consommation, de l’épargne et de la transmission réelle de la TVA dans les prix.
Exemples mécaniques de prix avec TVA à 24 %
AchatPrix actuelPrix mécaniqueHausse
Baguette actuellement à 5,5 %1,00 €≈ 1,18 €+17,54 %
Panier de produits à 5,5 %100,00 €≈ 117,54 €+17,54 %
Restaurant actuellement à 10 %30,00 €≈ 33,82 €+12,73 %
Plein de carburant actuellement à 20 %80,00 €≈ 82,67 €+3,33 %

Hypothèse : prix HT inchangé et répercussion intégrale. L’effet-prix moyen utilisé dans les cas ménages est 5,81664 %, et non 17,54 %.

07
Bouclage

Fermer la réforme sans effacer le déficit existant

Le projet doit être neutre ou légèrement positif sur son propre périmètre dès la première année.

BlocMontantLecture
Prélèvements remplacés748,9600 Md€Périmètre de prélèvements remplacés ou réaffectés.
Recettes nouvelles avant provisions901,1939 Md€TVA additionnelle, CG, contribution personnelle, capital, excédent.
Provisions et transferts148,5075 Md€Compensations, prudence de rendement et transferts explicités.
Marge de transition centrale+3,7264 Md€901,1939 − 748,9600 − 148,5075 ; non disponible pour une autre affectation tant que les coûts de transition ne sont pas certifiés.
Pourquoi 4,5 % plutôt que 4,2787… % ? Le strict équilibre mécanique exige environ 72,0536 Md€, soit ≈4,28 % d’une base de 1 684 Md€. Le choix public de 4,5 % porte le produit à 75,78 Md€ et crée environ 3,73 Md€ de marge.
Ce que la marge n’est pas. Elle n’est pas un excédent du budget de la France. Le déficit public initial, la dette et les autres dépenses continuent d’exister.

Les employeurs publics sont une condition du bouclage

Employeur publicÉconomie retenueTraitement
État26 Md€Consolidation interne.
Collectivités24 Md€Récupérée dans la réduction de l’enveloppe brute territoriale.
Hôpitaux17 Md€À traduire dans l’ONDAM et les dotations, sans dégrader l’offre de soins.
08
Cycle économique

Le prix de la réforme : une fiscalité plus cyclique

Moins de pression fixe sur l’emploi signifie davantage de variation des recettes publiques avec l’activité.

17,22 Md€

Dégradation par point d’écart de production.

≈60,8 %

Cyclicité supplémentaire sur le périmètre remplacé.

50 Md€

Plancher de test du fonds.

80–90 Md€

Cible longue à tester.

Écart de productionDégradation totale PACTERésiduel après fonds de 50 Md€
−2 points≈ −34,45 Md€0,00 Md€
−5 points≈ −86,12 Md€≈ −36,12 Md€
−10 points≈ −172,24 Md€≈ −122,24 Md€
Le choix politique de fond. PACTE accepte davantage de volatilité dans les comptes publics pour rechercher davantage de stabilité dans les bilans privés, l’emploi et l’investissement.
  • En récession : laisser jouer les stabilisateurs, utiliser le fonds, puis accepter un déficit conjoncturel temporaire plutôt que relever les taux.
  • Après la crise : séparer déficit conjoncturel et déficit structurel.
  • Si un déficit structurel supérieur à 5 Md€ persiste deux exercices, ajuster la contribution personnelle selon une règle publique.
09
Effets de second tour

Emploi, investissement, compétitivité

Des mécanismes plausibles, mais à distinguer des résultats comptables certains.

Ce qui est mécanique

  • Suppression des cotisations employeur : baisse directe du coût employeur, variable selon les salaires.
  • Déduction des salaires : réduction de l’assiette si elle est positive.
  • Investissement neuf : déduction de 37 %.
  • TVA de destination : les exportations ne supportent pas la TVA française, les importations consommées en France oui.

Ce qui reste comportemental

Création nette d’emplois, partage entre salaires/prix/marges, réaction de l’investissement, commerce extérieur et crédit bancaire sont des effets de second tour. Ils sont traités comme des sensibilités, non comme des promesses.

Emploi en crise. Le référentiel teste des scénarios où 15 %, 30 % ou 45 % de la réaction historique du chômage serait évitée. Le scénario central n’est pas une prévision causale.
10
Mise en œuvre

Le jour 1 et l’année 1

Préparer progressivement, puis basculer fiscalement en une seule fois.

Règle de mise en œuvre. PACTE ne supprime aucun prélèvement avant que les recettes de remplacement, les compensations sociales, les mécanismes de recouvrement et les transferts aux administrations publiques soient prêts à entrer en vigueur simultanément.

N−1 : douze mois de fonctionnement à blanc

Entreprises et paie. Les anciennes règles continuent à produire les prélèvements réels. En parallèle, chaque DSN calcule la fiche PACTE ; la DGFiP calcule la contribution générale et la contribution personnelle fictives ; chaque entreprise reçoit un impôt sur l’excédent simulé.

Administrations et droits. Les collectivités reçoivent leur nouvelle dotation simulée ; État, hôpitaux et collectivités calculent leurs économies employeur ; les caisses convertissent à blanc les droits des actifs en capital notionnel d’ouverture.

31 décembre N−1 : GO / NO GO. Une certification indépendante vérifie l’identité budgétaire annuelle, les flux de trésorerie mois par mois, la fiabilité des systèmes informatiques, les transferts publics et la capacité de verser les compensations dès janvier.

1er janvier N : bascule simultanée

FluxRègle au jour 1
PaieDisparition des prélèvements remplacés ; contribution personnelle à 4,5 % et contribution générale selon le nouveau barème.
Compensation ménagesVersement à partir du même mois, sans décalage avec la nouvelle TVA.
TVA et capitalTVA à 24 % et nouvelle fiscalité du capital applicables à compter de la même date.
EntreprisesImpôt sur l’excédent applicable aux résultats N avec acomptes pendant l’exercice, calculés initialement à partir du pro forma N−1 puis régularisés.
Protection socialePensions, allocations et remboursements existants continuent ; les recettes PACTE alimentent un compte de financement social.
Employeurs publicsRécupération simultanée des économies de cotisations : environ 24 Md€ pour les collectivités et 17 Md€ pour les hôpitaux dans le calibrage actuel.

L’année 1 : distinguer équilibre annuel et trésorerie

Année 1 PACTEMd€
Recettes nouvelles+901,194
Prélèvements anciens supprimés−748,960
Compensations, transferts et provisions−148,508
Impact net du périmètre PACTE+3,726

Ce +3,726 Md€ ne transforme pas le budget français en excédent : il améliore seulement, sous les hypothèses centrales, le solde public de départ par rapport à une situation sans réforme. Le déficit hérité, la dette et les dépenses extérieures au périmètre restent présents.

Trois coûts doivent encore être chiffrés avant le GO. Coût informatique et administratif de bascule ; garantie temporaire de transition locale ; coût actuariel des crédits retraite de solidarité. Tant qu’ils ne sont pas certifiés, la marge de 3,73 Md€ doit être considérée comme une marge de transition, pas comme une nouvelle capacité de dépense.
Trésorerie. Un compte de transition doit être dimensionné mois par mois pendant N−1 pour absorber les décalages entre disparition immédiate des anciennes recettes et encaissement des nouvelles. Il est distinct du fonds de stabilisation destiné aux futures récessions.
11
Transparence

Ce qui est fixé, ce qui est proposé, ce qui reste à démontrer

La crédibilité du projet dépend de la frontière entre conviction et preuve.

Une donnée observée, une reconstruction et un choix politique doivent rester identifiables comme tels. Une précision non démontrée affaiblit davantage le projet qu’une incertitude explicitement reconnue.

Une seule source de vérité. Le référentiel central daté est la source maîtresse des paramètres et des calculs. Le livre blanc, les pages thématiques et les simulateurs en sont des vues dérivées. En cas d’écart, le référentiel fait foi et le support concerné doit être corrigé. Chaque publication publique indique donc la date du référentiel dont elle découle.
Tableau complet des statuts
ÉlémentStatut actuelTravail restant
Taux personnel 4,5 %Choix politiqueÀ confirmer après certification des assiettes.
TVA 24 %Choix politiqueMicrosimulation de consommation et transmission des prix.
CG 15/23/36/43 %Choix politiqueTester quotient, couples, indépendants et prestations.
Impôt excédent 42 %Choix politiqueTester secteurs, groupes, international et optimisation.
Assiette excédent 719,79 Md€Sous auditReconstruction sur comptes nationaux et données entreprises.
Déduction capital 3,8 %Choix politiqueDéfinir juridiquement le capital productif net.
Déduction investissement 37 %Choix politiqueÉcrire report/carry-back et anti-abus.
Retraite 40 annuitésPrincipe politiquePénibilité désormais fixée politiquement à 40/39/38 annuités ; restent à microsimuler l’assiette exposée, les périodes assimilées et la transition.
Crédit pénibilitéChoix politique2,31 % du salaire exposé plafonné à 3 PASS par année reconnue ; financement miroir employeur, hors bouclage central jusqu’à microsimulation.
Droits directs 23,2 %Paramètre de travailRecalage sur microdonnées.
Réversion 3,2 %Ordre de grandeurCalibrer éligibilité, transition et dépense réelle.
Gestion 0,4 %Provision de travailTester les coûts après unification et numérique.
Taux notionnel complet retraite 26,8 %Somme de référence23,2 + 3,2 + 0,4 ; mesure un coût de droits, pas une cotisation ni une recette encaissée.
Revalorisation notionnelleRègle proposéeIndexation sur l’assiette 0–3 PASS + mécanisme de balance.
Collectivités 24 Md€Sous auditCertification des masses de paie publiques.
Hôpitaux 17 Md€Sous auditCertification et traduction ONDAM/dotations.
Péréquation 6,66 Md€Résidu provisoireRemplacer par une formule de besoins et capacités.
Fonds 50 Md€Plancher de testDimensionnement cible 80–90 Md€ à évaluer.
12
Choix stratégique

Préparation séquencée, bascule financière unique

Les blocs peuvent être expertisés et votés séparément ; leurs effets financiers principaux doivent entrer en vigueur ensemble.

La suppression des prélèvements sociaux sur le travail oblige à répondre à deux questions qui ne peuvent pas être laissées hors champ : comment continuer à créer et financer les droits à retraite, et comment traiter les employeurs publics et les ressources territoriales.

Ce qui peut être séparé — et ce qui ne le peut pas. Les règles de retraite, les clés de financement territorial et les règles techniques de l’impôt sur l’excédent peuvent être expertisées, préparées et votées dans des calendriers distincts. En revanche, la suppression effective des cotisations employeur ne peut pas entrer en vigueur seule : elle doit être simultanément raccordée au financement de la protection sociale, aux employeurs publics et aux ressources territoriales. De même, le bouclage budgétaire global ne peut être revendiqué qu’une fois ces raccords sécurisés.
Étape / blocCe qui peut être testé séparémentDépendance à sécuriser
1. Socle fiscal et entreprisesAssiette d’excédent, suppression des charges, TVA, CG et contribution personnelle.Garantir le financement social et la neutralité du bouclage.
2. RetraitesCompte notionnel, 40 annuités, revalorisation et balance.Préserver les droits acquis et identifier les recettes affectées.
3. CollectivitésClés de partage, péréquation et autonomie locale.Raccorder exactement les économies employeur publiques.
4. TransitionCalendriers propres et coexistence temporaire.Ne pas cumuler les gains avant application des contreparties.
5. ConvergenceArchitecture complète après validation des raccords.Publier une identité consolidée et un rapport contradictoire.
Choix stratégique. PACTE 2027 est une architecture cohérente, mais pas un paquet législatif nécessairement indivisible. En revanche, on ne peut pas revendiquer le bouclage financier de l’ensemble tant que les contreparties retraite, collectivités et employeurs publics ne sont pas effectivement sécurisées.
13
Conclusion

Proposer une architecture, ouvrir une contradiction

PACTE 2027 n’a de valeur que s’il peut être testé, critiqué et amélioré.

La France ne manque pas seulement de taux, d’abattements ou de niches à modifier. Elle manque d’un débat sur l’architecture elle-même : quelles bases doivent financer quels droits, quelles recettes doivent suivre le cycle, comment protéger l’emploi sans fragiliser le financement collectif, comment donner de l’autonomie aux territoires sans recréer un empilement fiscal, et comment rendre la retraite à la fois lisible et soutenable.

« Une réforme sérieuse n’est pas celle qui prétend avoir réponse à tout. C’est celle qui rend visibles ses choix, ses chiffres, ses risques et les conditions qui permettraient de la corriger. »
Invitation. Économistes, entrepreneurs, salariés, élus locaux, partenaires sociaux, administrations et citoyens sont invités à tester les hypothèses et à documenter les objections.
14
Annexes

Paramètres, contrôle macro et sources

Les chiffres de travail rassemblés en un seul endroit.

A. Paramètres centraux
ParamètreValeur de travail
Contribution personnelle4,5 %
CG — seuils20 000 / 45 000 / 100 000 €
CG — taux15 / 23 / 36 / 43 %
TVA unique24 %
Prélèvement personnel sur le capital36 %
Compensation1 366,50 € / UC / an
Crédit enfant600 € / mineur / an
Impôt sur l’excédent42 %
Déduction capital net3,8 %
Déduction investissement neuf37 %
Retraite — droits directs23,2 % jusqu’à 3 PASS
Retraite — réversion3,2 % de référence
Retraite — gestion0,4 % de référence
Retraite — taux notionnel complet de référence26,8 % = 23,2 + 3,2 + 0,4 ; pas une recette encaissée
Retraite — revalorisationCroissance de l’assiette nationale 0–3 PASS + mécanisme automatique de balance
IR actuel pour comparaisonsBarème 2026 revenus 2025 : 11 600 / 29 579 / 84 577 / 181 917 €
Retraite — ouverture40 annuités validées
Marge de transition centrale+3,7264 Md€ — sanctuarisée jusqu’à certification des coûts de bascule
B. Entreprises — contrôle macro 2024
Aujourd’huiAprès PACTE
D.121 employeurs237,294 Md€17,534 Md€
D.29 production86,061 Md€21,961 Md€
D.5 revenu/patrimoine80,073 Md€22,673 Md€
Nouvel impôt excédent302,3118 Md€
Total403,428 Md€364,4798 Md€
C. Sources institutionnelles principales
  • INSEE — comptes nationaux, sociétés non financières, tableau 7.101.
  • INSEE — comptes nationaux, sociétés financières, tableau 7.201.
  • Service-Public.fr — SMIC.
  • Urssaf — plafonds de la Sécurité sociale.
  • DGFiP — barème 2026 sur les revenus 2025.
  • FIPECO — impôts sur la production.
  • Sénat — prélèvements sur les entreprises.
  • Légifrance — loi de programmation des finances publiques 2023–2027.
  • Unédic — financement et dépenses d’assurance chômage.
  • France Stratégie — cotisations employeur et coût du travail.
Note finale. Les montants présentés correspondent au calibrage de travail consolidé au 14 septembre 2026 et doivent être révisés lorsque de nouvelles données ou audits modifient le référentiel.
PACTE 2027 — Initiative citoyenne indépendante portée par un collectif. Livre blanc de travail, septembre 2026 · Référentiel central du 14 septembre 2026.