Fin de l’âge légal : 40 annuités = retraite possible
PACTE 2027 propose de remplacer l’âge légal uniforme par une règle de carrière : dès que 40 annuités sont validées, le départ en retraite devient possible.
Il n’y aurait plus d’âge légal général imposé à tous. Le montant de la pension resterait calculé selon les droits accumulés et la durée prévisible de versement : partir plus tôt serait possible, mais pas sans conséquence sur le montant annuel.
La règle change complètement
Dans cette architecture, la question n’est plus « quel âge ai-je ? », mais « combien d’annuités ai-je validées ? ». Le principe proposé est simple : 40 annuités validées ouvrent la possibilité de liquider sa retraite, sans âge légal général.
Commencer tôt permet donc de partir tôt. Commencer plus tard conduit mécaniquement à atteindre les 40 annuités plus tard. La durée de carrière devient la règle d’ouverture du droit.
Exemples pédagogiques supposant 40 annuités effectivement validées. Les règles précises des périodes assimilées restent à calibrer.
Ouverture du droit à retraite, sans âge légal général.
Droits directs crédités sur le compte notionnel, jusqu’à 3 PASS.
Réversion collective + gestion : coûts de référence distincts des droits directs.
Taux notionnel complet de référence : 23,2 % d’acquisition individuelle + 3,2 % de réversion + 0,4 % de gestion. Il mesure un coût de droits ; il ne constitue pas une recette encaissée.
Année 1 : aucune pension existante ne baisse
Le changement du mode de financement ne doit produire aucune économie artificielle sur les retraités déjà pensionnés. La bascule concerne la façon de financer et d’acquérir les droits futurs, pas l’effacement des engagements historiques.
Pensions déjà liquidées
Elles continuent à être versées intégralement selon les règles de transition. Leur financement est assuré par le compte de financement social ; elles ne sont pas réduites au 1er janvier.
Actifs
Les droits déjà acquis sont convertis en un capital notionnel d’ouverture de valeur actuarielle équivalente, puis les nouveaux droits commencent à être crédités immédiatement.
Périodes protégées
Les crédits maternité, maladie, chômage, invalidité, congé parental et proche aidant commencent eux aussi à être enregistrés selon le barème retenu.
Comment fonctionne le compte notionnel ?
Pendant la carrière
Chaque année, 23,2 % du revenu professionnel déclaré — dans la limite de 3 PASS — est inscrit en droits directs sur le compte. Le compte suit ensuite l’évolution de l’assiette nationale des revenus professionnels comprise entre 0 et 3 PASS.
Au moment de partir
Le compte revalorisé est converti en pension au moyen d’un diviseur générationnel tenant compte de la durée prévisible de versement. Le même taux de revalorisation doit être utilisé dans l’accumulation et dans le diviseur.
Un compte notionnel n’est pas un compte bancaire ni une capitalisation financière individuelle : les droits sont comptabilisés individuellement dans un système qui reste financé collectivement.
Des exemples chiffrés, en euros d’aujourd’hui
Le premier tableau isole volontairement la seule mécanique d’acquisition des droits directs à 23,2 %. Il suppose r = 0 % afin de montrer ce qui est versé au compte avant toute revalorisation. Il ne constitue donc pas une estimation de pension.
| Carrière illustrative | Salaire brut mensuel moyen | Droits directs / an | Compte simple après 40 ans |
|---|---|---|---|
| Début à 18 ans → départ possible à 58 ans | 2 000 € | 5 568 € | 222 720 € |
| Début à 20 ans → départ possible à 60 ans | 2 500 € | 6 960 € | 278 400 € |
| Début à 22 ans → départ possible à 62 ans | 3 500 € | 9 744 € | 389 760 € |
| Début à 25 ans → départ possible à 65 ans | 5 000 € | 13 920 € | 556 800 € |
Combien si je pars après 40, 41, 42… annuités ?
Prenons un cas unique : début de carrière à 20 ans, salaire brut moyen 2 500 € par mois en euros d’aujourd’hui, toutes les années validées. Le compte reçoit 6 960 € de droits directs par an. Pour rendre la pension lisible, le tableau utilise r = 1,6 % réel comme simple scénario central de sensibilité et applique exactement le même r au compte et au diviseur.
| Départ après… | Âge | Compte revalorisé | Diviseur illustratif | Pension mensuelle illustrative | Taux de remplacement brut* | Écart vs 40 ans |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 40 annuités | 60 ans | 385 800 € | 18,42 | 1 745 € | 69,8 % | — |
| 41 annuités | 61 ans | 398 933 € | 17,72 | 1 876 € | 75,0 % | +7,5 % |
| 42 annuités | 62 ans | 412 276 € | 17,00 | 2 021 € | 80,8 % | +15,8 % |
| 43 annuités | 63 ans | 425 833 € | 16,27 | 2 181 € | 87,2 % | +25,0 % |
| 44 annuités | 64 ans | 439 606 € | 15,53 | 2 358 € | 94,3 % | +35,1 % |
| 45 annuités | 65 ans | 453 600 € | 14,78 | 2 557 € | 102,3 % | +46,5 % |
* Pension mensuelle illustrative ÷ salaire brut moyen de 2 500 €. Ce taux de remplacement appartient uniquement au scénario pédagogique r = 1,6 % : il ne constitue ni une promesse ni un paramètre PACTE définitif.
Pourquoi le taux de revalorisation compte autant
| r réel illustratif | Compte après 40 ans | Diviseur | Pension mensuelle illustrative |
|---|---|---|---|
| 0 % | 278 400 € | 22,00 | 1 055 € |
| 1,6 % | 385 800 € | 18,42 | 1 745 € |
| 2,4 % | 458 852 € | 16,94 | 2 257 € |
Ces trois taux ne sont pas des paramètres retenus. Ils montrent seulement pourquoi la règle d’indexation doit être écrite explicitement et testée sur plusieurs générations.
Testez votre durée de carrière
Le simulateur permet aussi de faire varier le taux réel illustratif. La règle finale resterait l’indexation sur l’assiette 0–3 PASS avec mécanisme de balance.
Durée minimale : 40 annuités. 10 années exposées ramènent ce seuil à 39 ; 20 années ou plus à 38.
Pourquoi supprimer l’âge légal ?
Un âge unique traite de la même façon des carrières très différentes. La proposition PACTE choisit au contraire la durée réellement validée : celui qui a commencé tôt atteint ses 40 annuités tôt ; celui qui a commencé plus tard les atteint plus tard.
Carrière commencée tôt
Après 40 annuités validées, le départ devient possible même si l’âge atteint est inférieur à l’ancien âge légal.
Libre choix après 40 annuités
Atteindre 40 annuités ouvre un droit, pas une obligation. Continuer à travailler permet d’accumuler davantage de droits et d’améliorer la pension future.
Carrière interrompue
Chômage involontaire, maladie, maternité, invalidité et certaines périodes familiales valident désormais la carrière selon un barème explicite et peuvent recevoir des crédits notionnels financés par la solidarité.
Pénibilité : trois axes, pas une liste de métiers
PACTE ne crée aucune catégorie « métier pénible ». Un scaphandrier, un soudeur, une aide-soignante ou un salarié de nuit n’obtient un droit qu’en fonction d’une exposition objectivement constatée au-dessus d’un seuil national. Plusieurs expositions la même année ne comptent jamais pour plus d’une année.
1. Contraintes physiques marquées
Manutentions manuelles de charges, postures forcées et vibrations mécaniques. Les seuils de référence reprennent les critères nationaux mesurables : par exemple charges de 15 kg pendant 600 h/an, postures forcées 900 h/an ou vibrations 450 h/an.
2. Environnement agressif
Agents chimiques dangereux, milieu hyperbare, températures extrêmes et bruit. Exemples de seuils : pression ≥1 200 hPa sur 60 interventions/an, ≤5 °C ou ≥30 °C pendant 900 h/an, bruit ≥81 dB(A) pendant 600 h/an.
3. Rythmes contraints
Travail de nuit, équipes successives alternantes et travail répétitif sous cadence contrainte. Références : 100 nuits/an, 30 nuits/an en équipes alternantes, ou 900 h/an de travail répétitif au-dessus du seuil réglementaire.
| Années d’exposition reconnues | Durée requise pour liquider | Réduction maximale |
|---|---|---|
| 0 à 9 ans | 40 annuités | 0 |
| 10 à 19 ans | 39 annuités | 1 an |
| 20 ans ou plus | 38 annuités | 2 ans |
Références de seuils : Code du travail, art. L4161-1, D4161-2 et D4163-2. PACTE reprend trois grandes familles objectives et refuse les sous-catégories par métier.
Périodes non travaillées : la règle est désormais fixée
Une interruption subie ou socialement protégée ne doit pas casser artificiellement la carrière. PACTE distingue donc la validation de la durée de carrière, qui sert à atteindre 40 annuités, et les crédits notionnels de solidarité, qui déterminent le montant futur de la pension.
| Période | Validation des 40 annuités | Base notionnelle de solidarité | Limite |
|---|---|---|---|
| Maternité, adoption, congé du second parent | 100 % au prorata des jours couverts | 100 % du revenu de référence | Durée légale ou conventionnelle indemnisée |
| Maladie, accident du travail ou maladie professionnelle | 100 % au prorata | 100 % du revenu de référence pendant 12 mois, puis 80 % en maladie longue | Jusqu’à reprise, consolidation ou bascule en invalidité |
| Invalidité / handicap empêchant l’activité | 100 % au prorata | 80 % du revenu de référence | Jusqu’à reprise d’activité ou liquidation de la retraite |
| Chômage involontaire indemnisé | 100 % au prorata de l’indemnisation | 80 % du revenu de référence | Pendant la durée des droits à l’assurance chômage |
| Chômage non indemnisé après épuisement des droits | Oui, au prorata | 0 % : validation de durée sans crédit monétaire supplémentaire | 12 mois maximum par épisode, sous condition d’inscription comme demandeur d’emploi |
| Congé parental | Oui, au prorata | 50 % du SMIC | 24 mois maximum par enfant |
| Proche aidant | Oui, au prorata | 50 % du SMIC | 24 mois maximum sur la carrière |
Et si je continue à travailler ?
Le principe proposé est simple : on ne perçoit pas simultanément une pension et un revenu professionnel.
Une fois la pension liquidée
Indexation sur les prix
La pension versée serait revalorisée avec les prix afin de préserver son pouvoir d'achat après le départ en retraite.
Réversion
La réversion serait traitée comme une assurance conjugale collective distincte du compte individuel. Le coût de référence de travail est d'environ 3,2 % de l'assiette plafonnée, mais les règles d'éligibilité restent à définir.
Solidarité
Les droits liés au chômage, à la maladie, à la maternité, au handicap et aux faibles revenus seraient financés explicitement par la solidarité nationale, plutôt que dissimulés dans la formule contributive.
Comment la retraite est-elle financée sans cotisations sur la fiche de paie ?
La réforme change le mode de financement, pas l’existence de la dépense de retraite. Les pensions restent une dépense collective qui doit être financée chaque année.
Les droits et leur coût de référence
23,2 % servent à enregistrer les droits directs. La maquette ajoute 3,2 % de coût de référence pour la réversion et 0,4 % pour la gestion, soit un taux notionnel complet de référence de 26,8 %. Le taux de 23,2 % crédite les droits individuels ; 3,2 % et 0,4 % couvrent des coûts collectifs de réversion et de gestion. Aucun de ces taux ne constitue, par lui-même, une recette encaissée par le régime.
Le financement juridique
Il provient du nouveau panier de recettes de la réforme : revenus, consommation, capital et excédent des entreprises, avec des recettes identifiables affectées à la protection sociale.
Ce qui est déjà posé — et ce qui reste à construire
| Principe | Proposition actuelle | Statut |
|---|---|---|
| Droits déjà acquis | Maintien intégral | Principe posé |
| Droits futurs | Compte notionnel fondé sur la carrière et les revenus déclarés | Architecture proposée |
| Droits directs | 23,2 % jusqu’à 3 PASS | Paramètre à recalibrer |
| Réversion | 3,2 % de l’assiette plafonnée | Ordre de grandeur à calibrer |
| Gestion | 0,4 % de l’assiette plafonnée | Provision de travail |
| Taux notionnel complet de référence | 26,8 % = 23,2 + 3,2 + 0,4 | Mesure le coût économique des droits ; ce n’est ni une cotisation de paie ni une recette encaissée |
| Ouverture du droit | 40 annuités validées = départ possible, sans âge légal général | Principe proposé |
| Revalorisation avant liquidation | Croissance de l’assiette nationale 0–3 PASS ; en euros constants, croissance réelle | Règle proposée |
| Mécanisme de balance | Réduction temporaire de la revalorisation si les droits dépassent durablement les ressources | Formule juridique à construire |
| Conversion en pension | Même r dans le compte et le diviseur + espérance de vie projetée de la génération | Tables à choisir et tester |
| Pension versée | Indexation sur les prix | Règle de travail |
| Périodes non travaillées | Barème protégé : maternité 100 %, maladie 100 % puis 80 %, invalidité 80 %, chômage indemnisé 80 %, congé parental / aidant 50 % du SMIC ; règles de durée explicites | Choix politique retenu — coût à microsimuler |
| Pénibilité | 3 axes objectifs ; 10 ans exposés → 39 annuités ; 20 ans → 38 ; plafond 2 ans ; aucun métier nommé ; crédit notionnel additionnel de 2,31 % du salaire exposé plafonné à 3 PASS par année reconnue | Choix politique retenu — seuils et masse salariale exposée à microsimuler |
| Transition | Droits acquis des actifs convertis à valeur équivalente en capital notionnel d’ouverture ; pensions déjà liquidées inchangées | Option recommandée à microsimuler |
Le financement : la réforme peut-elle remettre les retraites à l’équilibre ?
Oui à terme, mais pas par magie en année 1. La réforme agit sur deux comptes différents : le compte de caisse, qui doit continuer à payer toutes les pensions déjà liquidées, et le compte actuariel, qui détermine le coût des droits nouveaux. Le second peut être équilibré rapidement ; le premier reste chargé des engagements hérités pendant la transition.
Dépenses brutes du système de retraite en 2025 selon le COR.
Déficit projeté en 2026, hors produits et charges financiers.
Déficit projeté du système actuel en 2070 dans le scénario de référence du COR.
Le régime contributif permanent est conçu pour converger vers l’équilibre actuariel. Un déficit de caisse temporaire reste possible pendant la transition ou après un choc.
| Étape | Situation / ordre de grandeur | Effet de PACTE | Lecture |
|---|---|---|---|
| Système actuel · 2026 | Déficit ≈ 5,0 Md€. Les dépenses restent autour de 14,1 % du PIB. | — | Le déficit existe avant PACTE. |
| PACTE · année 1 | Les pensions déjà liquidées et les droits acquis sont maintenus. | Quasi aucune économie de caisse immédiate. | La nouvelle formule ne peut pas effacer le déficit de 5 Md€ dès la première année. |
| PACTE · +10 ans, bascule lente | Seuls les droits acquis après la réforme deviennent notionnels. | Environ 6 % seulement du flux de pensions serait piloté par les nouvelles règles dans un modèle pédagogique. | Transition trop lente pour corriger rapidement le financement. |
| PACTE · +10 ans, conversion recommandée | Les droits déjà acquis des actifs sont convertis en capital notionnel d’ouverture, sans perte de valeur ; les retraités déjà liquidés ne changent pas de pension. | Environ 40 à 45 % du stock de pensions pourrait alors relever de la nouvelle formule après dix ans. | La correction devient significative sans remettre en cause les droits acquis. |
| Régime permanent | Quasi-totalité des pensions issue de la formule notionnelle. | Droits, assiette de financement et mécanisme de balance évoluent avec la même base économique. | Le régime est conçu pour converger vers l’équilibre actuariel ; un déficit de caisse temporaire peut subsister en transition ou après un choc, tandis que la solidarité reste financée séparément. |
Les parts de 6 % et 40–45 % sont des ordres de grandeur pédagogiques, pas des prévisions : carrière de référence de 40 ans, renouvellement du stock de retraités sur environ 22 à 25 ans, effectifs supposés stables. Elles servent uniquement à comparer deux méthodes de transition.
Le 26,8 % : un taux notionnel complet de référence, pas une recette
Le référentiel de travail estime l’assiette nationale des revenus professionnels 0–3 PASS à environ 1 236 Md€. À paramètres constants, le coût économique de référence du nouveau système représente :
| Composante | Taux | Ordre de grandeur |
|---|---|---|
| Droits directs notionnels | 23,2 % | 286,752 Md€ |
| Réversion collective | 3,2 % | 39,552 Md€ |
| Gestion | 0,4 % | 4,944 Md€ |
| Taux notionnel complet de référence | 26,8 % | 331,248 Md€ |
La règle de financement que PACTE doit ajouter
1. Un socle contributif
Définir légalement une enveloppe retraite liée à l’assiette nationale 0–3 PASS, calibrée pour financer le coût économique de référence des droits directs, de la réversion et de la gestion.
2. Une enveloppe de transition
Isoler le coût des pensions et droits hérités. Cette enveloppe diminue progressivement à mesure que les générations basculent vers le compte notionnel.
3. La solidarité hors compte
Minima, chômage, maladie, maternité, handicap et autres crédits non contributifs sont financés explicitement par l’impôt, sans être dissimulés dans le taux de droits.
Source externe : Conseil d’orientation des retraites, rapport annuel de juin 2026. Le COR observe 422 Md€ de dépenses en 2025, un déficit de 5,1 Md€ en 2025 puis environ 5,0 Md€ en 2026, et projette un déficit de 2,4 % du PIB en 2070 dans son scénario de référence.
Pourquoi proposer cette architecture ?
Lisibilité
Chaque assuré peut suivre des droits attachés à sa carrière plutôt qu'une accumulation de régimes et de règles différentes.
Équité entre générations
Le calcul intègre la durée de carrière et l'espérance de vie de la génération dans une formule explicite.
Moins de coût sur l'emploi
Le financement de la retraite n'est plus juridiquement attaché à une cotisation employeur qui renchérit directement chaque emploi.